Réhabilitation de 7 km de route à la cité Anacaona

Pendant toute la journée, les ouvriers s’attèlent à creuser les caniveaux et à mettre en place le coffrage pour la canalisation, sous les regards curieux de la population. A certains endroits, des sources d’eau jaillissent et retardent le processus. En revanche, à la rue Noire, les travaux sont plus avancés. Les canaux achevés assurent déjà l’écoulement des eaux. Les installations pour le drainage des eaux usées sont mises en place. La première phase des travaux se déroule sans difficulté majeure. Cependant, des pylônes électriques sont endommagés dans plusieurs rues du centre-ville. Le sol qui recèle beaucoup d’eau est un handicap important à la réalisation du projet. « Nous ne nous attendions pas à trouver autant d’eau dans les fondations. Cette situation nécessitera plus d’argent et plus de temps », déclare un ingénieur responsable de chantier sous le couvert de l’anonymat. Une moyenne de 30 ouvriers est recrutée par les deux firmes pour renouveler les équipes. Les visiteurs qui ne connaissent pas les raccourcis à travers la ville sont contrariés de constater que la circulation est paralysée par endroits. «J’ai voulu visiter un ami, mais je n’ai pas pu, à cause des bouchons qu’il y a partout », déclare un automobiliste en fronçant les sourcils. Pourtant, les riverains estiment l’initiative louable, espérant que les travaux s’accélèreront. « C’est une démarche prometteuse, mais je trouve que les ouvriers ne semblent pas pressés. Si la canalisation exige plus de travail, pourquoi ne pas augmenter la main-d’oeuvre ? », se questionne Yves, un médecin de la zone. Ce chantier bénéficie d’un financement du Japon à travers le ministère des Travaux publics, Transport et Communications selon le directeur général de la mairie de Léogâne, Décime Jean Chrisnel. Les travaux sont exécutés par EATT et l’Entreprise de construction et de transport (ENCOTRA), deux firmes haïtiennes. Le directeur général de la mairie ne cache pas son inquiétude face à la lenteur enregistrée dans l’exécution des travaux. Il aurait entamé des pourparlers avec les responsables en ce sens. En plus d’être un projet de développement qui améliorera la mobilité des populations, cette activité est aussi génératrice d’emplois temporaires, dans une commune touchée de plein fouet par le séisme du 12 janvier 2010. Les travaux de réhabilitation des tronçons de routes doivent prendre fin au début de l’année 2013.
Nathalie Verné
Credit: Le Nouvelliste

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