Une école sur la base de Labaze

La 1ère phase des éliminatoires de la Coupe du monde des moins de 17 ans 2013 relance sur le podium national l’entraineur Yves Philogène Labaze, ”transféré dans l’autre monde” par le désastreux tremblement de terre du 12 janvier 2010. Sportif dans le vrai sens du terme, passionné de football, éclaireur des U17 haïtiens qui firent flotter notre bicolore lors de la phase finale du mondial de cette catégorie en 2007 à Corée du Sud, l’entraineur Labaze a mis un terme à sa carrière et à son existence sur cette planète au ”quartier général du football haïtien”, où le train de la mort l’a renversé. Après avoir consacré plus de la moitié de sa vie au Sport, au football en particulier et à la jeunesse, Yves Philogène Labaze est parti avec un ballon dans sa dernière valise. Donc, il a quitté ce monde sportivement, footballistiquement. Ce qui signifie que le terrible séisme n’a pas eu raison de sa passion.
 Ayant conduit la sélection U17 d’Haïti sur la tribune mondiale en 2007, Yves Philogène Labaze se place à la hauteur de l’entraineur Antoine Tassy (Zoupim), l’un des artisans de la participation de la sélection nationale de football à la Coupe du monde de 1974 en Allemagne Fédérale. Ces 2 mémorables épopées transfèrent ces 2 coaches nationaux au ” Pavillon des immortels”. Tout en espérant que le savoir-faire, l’obstination, la détermination et le ” jusqu’auboutisme” de Tassy et de Labaze ensemenceront et fertiliseront le terrain au profit des entraineurs haïtiens d’aujourd’hui et de demain. Car ces 2 meneurs d’hommes représentent incontestablement des modèles pour les futures générations. Au coeur d’une originale société haïtienne où l’on s’acharne à médailler l’immoralité, on trouve tout ou presque tout sur le parcours du très regretté Yves Philigéne Labaze : sportivité, moralité, courage, solidarité, conviction, communication, militance, passion, simplicité, dépassement de soi, honnêteté et, ce qui est très rare sur cette terre, sincérité. Au sein du difficile et parfois insupportacle milieu sportif haïtien fréquemment rongé par des querelles nuisibles, ce grand sportif était parvenu à prouver que ” l’honnêteté et la sincérité sont des armes sportives ” qui garantissent une certaine application au niveau des relations humaines notamment. Ainsi, ” une Ecole sur la base de Labaze”, c’est construire l’avenir en se basant sur la culture sportive qui repousse le négativisme, la marginalisation, le sectarisme et la discrimination.
 Elevé dans la cité sportive léogânaise dominée par la rivalité Cavaly-Valencia, le sympathique Labaze a exposé sa tolérance au centre de ce débat. Violettiste dans l’âme, anacaoniste et cavaliste, il n’a jamais affiché aucune animosité à l’égard du Racing Club Haïtien, des Tigrasses ou du Valencia. En résumé, le militant Yves Philogène Labaze a respiré la sportivité jusqu’à son dernier souffle. C’est cet échantillon national que sa femme, ses enfants, ses parents, ses amis et ses collaborateurs ne cessent de pleurer.
Raymond Jean-Louis
Credit : Le Nouvelliste

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