L’amendement constitutionnel : Une page tournée pour les Sénateurs après leur « retraite »

Sur 16 participants, 14 ont accordé leur violon en vue d’une reprise des activités au Grand Corps et d’une douce cohabitation avec le pouvoir en estimant que la polémique autour de la très controversée modification de la charte fondamentale devait être abandonnée au profit d’une approche constructive ; nettement minoritaires, les Sénateurs Jean William Jeanty et Jean-Baptiste Bien-Aimé ne peuvent que protester

Publié le mercredi 4 juillet 2012

Réunis pendant trois jours au club Indigo sur la côte des arcadins (ouest), dans le cadre d’une retraite parlementaire, les Sénateurs, ont dans leur grande majorité, adopté mardi soir une déclaration en cinq points baptisée « Résolution de Montrouis » dans laquelle ils ont notamment décidé de mettre fin au débat sur la promulgation controversée de l’amendement constitutionnel.

Quatorze des seize élus présents à ce forum organisé à l’initiative de Idea International se sont également entendus sur d’autres points jugés essentiels comme la normalisation du fonctionnement du Sénat amputé d’un tiers de ses membres et la nécessité d’un consensus sur un plan national de développement stratégique.

Prenant la parole lors de la cérémonie de clôture, le président du Sénat, Dieuseul Simon Desras, a souhaité que ses pairs comprennent que le Grand Corps doit fonctionner autrement afin d’envoyer un nouveau signal à la population. Il a aussi fait valoir que les parlementaires s’engagent à initier une nouvelle proposition d’amendement de la charte fondamentale à la fin de la 49e législature.

Pour sa part, le premier Sénateur de l’ouest, Steven Benoît, l’un des principaux opposants à la réforme constitutionnelle de mai 2011 entachée de graves irrégularités, s’est totalement ravisé. Pour justifier sa présence parmi les signataires de la résolution, il affirme que le temps est venu de mettre un terme aux querelles au profit du relèvement des nombreux défis que doit affronter le pays.

Le représentant de l’Alternative annonce pour ce jeudi la reprise des travaux au Sénat de la république où une séance sera consacrée à l’analyse du budget de l’exercice 2012/2013 récemment soumis par le gouvernement au Parlement et au vote de plusieurs lois en souffrance depuis un certain temps.

Pour sa part, le Sénateur du sud-est, Wencesclass Lambert, affirme que la retraite a eu la vertu d’apporter les solutions appropriées aux problèmes auxquels était confrontée la Chambre haute ces derniers mois. Très triomphaliste, l’allié du pouvoir estime que la question de l’amendement constitutionnel est désormais une affaire classée.

La plupart des membres de l’institution sénatoriale souhaitent une seule chose, se concentrer sur les grands problèmes nationaux en se remettant rapidement au travail, a-t-il martelé.

Jean William Jeanty des Nippes (sud-ouest) et Jean-Baptiste Bien-Aimé du nord-est sont les deux seuls Sénateurs à avoir refusé de souscrire à la fameuse Résolution de Montrouis qui, selon eux, ne fait que consolider les manipulations frauduleuses ayant marqué le processus de révision constitutionnelle, notamment en ce qui concerne l’article 137 du nouveau texte qui enlève au Parlement ses attributions relatives à la ratification du Premier ministre.

Très remonté contre ses collègues, Jeanty affirme qu’ils étaient motivés uniquement par des intérêts personnels en organisant une retraite qui, croit-il, ne changera rien aux grands dossiers sur lesquels doit se positionner l’assemblée des Sénateurs.

Prédisant une grave crise politique que pourrait engendrer la formation du Conseil électoral permanent nouvelle formule, le parlementaire des Nippes souligne avoir réclamé en vain, sur la côte des arcadins, la mise à l’écart de la constitution dite amendée qui vient polariser davantage la société haïtienne.

Partageant le même point de vue, Jean-Baptiste Bien-Aimé, qui prônait des poursuites judiciaires contre tous les responsables de la falsification du texte original de l’amendement, dénonce aussi la résolution finale de la retraite. Pour lui, une majorité d’élus a décidé que le pouvoir exécutif devait absorber le Sénat. Ce projet aurait déjà commencé à prendre forme à travers des démarches que le Président Michel Martelly aurait entreprises afin de désigner lui-même les trois personnalités devant représenter le Parlement au CEP permanent, dixit le Sénateur Bien-Aimé. spp/Radio Kiskeya

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