Violence : la responsabilité et les causes (suite et fin)

A présent, posons-nous la question : ” A qui la faute?”

Je réponds que le premier responsable de ces actes de violence c’est l’Etat haïtien.

Le public a pu accéder à la surface de jeu parce qu’elle n’est pas entourée d’un grillage sécuritaire.

Les gouvernements successifs ont démontré leur désintéressement au sport national en adoptant une politique de zéro investissement dans les infrastructures sportives desservant les clubs évoluant en championnat national. Ne l’a-ton pas vu ignorer les besoins de la ville de Léogâne, où existent quatre clubs participant à divers compétitions nationales de football pour aller aménager un parc sportif à Gressier , une ville où n’existe pas même pas un club de 3e division . N’ai-je pas entendu de mes propres oreilles le Secrétaire d’Etat aux sports nous dire que son gouvernement n’avait rien prévu dans son budget pour le Parc Gérard Christophe et se contenter de constater que le PNUD allait investir $150.000, une somme que les propres ingénieurs du ministère jugeaient insuffisante pour réaliser la totalité des travaux nécessaires pour en faire un espace qui attire les spectateurs et en conséquence pourrait aider les clubs à augmenter leurs recettes de match.

La politique de zéro investissement des gouvernements affaiblit en conséquence la FHF qui n’a pas toujours les moyens de recruter, former et payer les arbitres au tempérament bien trempé capables de se placer au-dessus de la partisannerie et de résister aux tentatives de soudoinement.

Le deuxième fautif, c’est la FHF qui en se refusant d’être à l’écoute des doléances des clubs et de mettre en place des mécanismes de supervision et d’évaluation des arbitres – le superviseur d’arbitre prévu au protocole n’était pas présent au Parc Julia Vilbon le dimanche 27 mai – alimente, renforce et laisse s’ancrer chez les fans le sentiment d’un complot monté contre leur Club.

Le troisième responsable : la Commission des arbitres. Nombre d’entre eux sont nuls, cons et corrompus. Une enquête sérieuse mérite de faire le jour sur ce corps incontournable pour la bonne marche du football.

Une part de responsabilité, sinon la moindre, incombe au Cavaly. Les dirigeants avaient pris le soin de placer autour du terrain un groupe de volontaires dont la mission consistait à aider le corps policier, composé de six agents, ce jour-là, à sécuriser les lieux.

Les six policiers en uniforme sur le terrain on vite été dépassés par les événements et n’était-ce l’appui fourni des policiers en civil, les dirigeants du Cavaly et les agents de sécurité bénévoles, l’issue de cet incident aurait pu être dramatique.

Pour prévenir la répétition des pareils incidents, parvenir à rehausser le niveau de notre football, offrir un spectacle qui attire les fans vers les stades, il faudrait :

a) En finir avec la politique gouvernementale de zéro investissement dans le sport national. L’actuel gouvernement devrait élaborer une politique sportive qui pourrait inclure ces aspects : subventionner les clubs et la FHF ; investir dans les infrastructures sportives en priorisant les villes où siègent les clubs de la 1ère et 2ème division.

b) Qu’on organise des états généraux du football où toutes les instances concernées débâteraient de cette problématique afin d’arriver à une vision commune et dégager des pistes de solution qui ramèneraient Haïti dans l’élite du football mondial.

En conclusion, nous venons d’apprendre les sanctions prises contre le Cavaly par le COCON, sanctions contre lesquelles nous avons fait appel car tout en assumant notre part de responsabilité, nous croyons que la COCON vient de faire montre de partialité négative et d’un excès de zèle envers le Cavaly très fort dans certaines prises de décision. Allez comprendre la célérité avec laquelle la COCON a mis moins de 24 heures pour décider des sanctions contre le Cavaly alors qu’elle s’était déclarée incompétente pour traiter d’un cas de violence perpètré à Four à chaux contre le portier du Violette lors de la rencontre Valencia – Violette comptant pour la 6e journée.

Mais le pouvoir est d’un temps après quoi il dégénéra surtout lorsqu’il est utilisé à des fins dévoyées. Aux fans du Cavaly : Nous traversons une passe difficile certes. Nous sommes loin d’être le responsables no 1 de cet incident. Néanmoins nous en avons vu d’autres et nous nous relèverons pour grimper lentement mais surement vers les sommets grâce à vous. Nous sommes de cette élite saine que vous supporterez toujours.

Philippe Beaulière/Président du Cavaly
Credit : Le Nouvelliste

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *