Petits projets et plan d’ensemble doivent cohabiter

« On ne pourra pas circuler au Cap-Haïtien si  une solution n’est pas trouvée au problème de congestion de la ville ». C’est un véritable cri du cœur que le président de la Chambre de commerce, d’industrie et des professions du Nord a lancé à la toute fin du conseil de gouvernement tenu au Cap-Haïtien jeudi.

Malerbe Dorvil a souligné à l’attention du Premier ministre Laurent Lamothe et des membres de son gouvernement que la ville du Cap connaîtra des bouleversements significatifs dans les mois et années qui viennent avec l’entrée en fonction du campus de l’Université d’Etat d’Haïti de Limonade, du Parc industriel de Caracol, de l’Aéroport international et avec l’afflux de touristes de Labadee  (qui visiteront  la Citadelle et sans doute la ville du Cap.

« Si rien n’est fait, entrer ou sortir du Cap-Haïtien sera impossible », a insisté M. Dorvil, qui a remis au Premier ministre, au nom de la Chambre de commerce, d’industrie et des professions du Nord, un cahier de doléances, mais a eu peu de temps pour s’exprimer devant les ministres.

Le numéro un du secteur privé dans le Nord a aussi demandé au Premier ministre de faire en sorte que la douane du Cap soit en mesure de prendre en charge le trafic des marchandises dans la zone. « Pour tout on doit attendre les décisions de Port-au-Prince qui concentre tous les pouvoirs », s’est-il inquiété à la veille du démarrage des opérations du Parc industriel de Caracol.

Pour de nombreux observateurs, le conseil de gouvernement au Cap-Haïtien est une première qui n’a pas pu tenir toutes ses promesses. Le tracé historique de la cité ne peut plus contenir l’expansion de la deuxième ville du pays, des perspectives importants s’annoncent, mais les plans d’urbanisme et de développement tardent à être mis en projets.

« Le gouvernement Martelly-Lamothe, comme les exécutifs qui l’ont précédé, aligne des petits projets qui s’ajoutent au chaos ambiant. A chaque problème, on invente une solution, sans plan d’ensemble », déplore un Capois conscient que la ville qui accueillera bientôt Hillary Clinton et Bill Clinton à l’occasion de l’inauguration de la première grande usine de sous-traitance de la région est à la veille de suivre le chemin de Port-au-Prince.

« Nous aurons les bidonvilles et les monuments historiques, les projets et les embouteillages, le mal développement et la misère. Le gouvernement Martelly-Lamothe peut encore changer la donne », croit cet admirateur d’Henri Christophe, le roi bâtisseur.

F.D
Credit: Le Nouvelliste

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