Federer, l’excellence sans limite

Roger Federer remporte son dix-septième tournoi du Grand Chelem à Wimbledon et reconquiert la place de numéro un mondial. Historique.

Non, Roger Federer n’est pas fini. A ceux qui en doutaient encore, le Suisse a adressé un message en réussissant un retour en grâce exceptionnel. A bientôt 31 ans, l’Helvète est parvenu à accentuer un peu plus son record de victoires en Grand Chelem en enlevant son septième titre à Wimbledon, son 17e depuis 2003, égalant la performance de Sampras et Renshaw, seuls septuples vainqueurs au All-England Club. Deux ans et demi après son dernier sacre en Grand Chelem, à Melbourne face à Andy Murray, l’Helvète revient sur le devant de la scène en dominant le même adversaire, qui jouait là sa première finale à Wimbledon (4-6, 7-5, 6-3, 6-4). Mais le Suisse ne s’arrête pas là : ce 75e titre ATP en carrière lui permettra de retrouver la première place mondiale, deux ans après l’avoir cédée à Nadal en juin 2010. Il est désormais assuré de dépasser Pete Sampras et ses 286 semaines au top du classement ATP, record après lequel il courait depuis sa destitution en juin 2010.

Murray n’a pourtant pas démérité. Il se devait de prendre ce match à bras le corps, c’est exactement ce que l’Ecossais a fait dès le premier set. Le Britannique a mis la pression d’entrée en faisant courir Federer. Servant très bien et se montrant très opportuniste en retour, il a logiquement fait la course en tête en breakant le premier. Si le Suisse recollait au score, Andy profitait du faible pourcentage de réussite sur seconde balle de son adversaire (27%, 3/11) pour prendre son service une deuxième fois et s’adjuger le premier set (6-4). Soucieux de faire durer le match, le Britannique partait sur les mêmes bases dans le deuxième set, mais était incapable de convertir l’une des quatre balles de break qu’il s’est procurées à 2-2, puis à 4-4. C’est le tournant du match car, dans la foulée, le Suisse ne ratait pas l’occasion d’enlever la deuxième manche sur le service de l’Ecossais, peu de temps avant une interruption d’une demi-heure à cause de la pluie.

Cette pause n’a pas vraiment profité au protégé d’Ivan Lendl. Au contraire. Avec des conditions indoor en raison du toit déplié, le combat se déséquilibrait peu à peu. Le Suisse enfilait les jeux blancs alors que l’Ecossais courait après le score. Face au flegme suisse, l’énervement écossais a crevé l’écran dans le troisième set. Sur le sixième jeu, Murray n’est pas parvenu pas à sauver sa mise en jeu, cédée sur la sixième balle de break après vingt minutes de combat où Murray s’est retrouvé trois fois au sol. Avec le break en poche, Federer prenait définitivement l’avantage en empochant la troisième manche 6-3. Le moral au niveau du gazon, Murray manquait encore une balle de break en début de quatrième set, sa cinquième du match qui scellait peu à peu l’épilogue du match.

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