Le foot manque de compétitions

Devant un stade rempli et enthousiaste, devant des centaines de milliers de téléspectateurs, la sélection nationale haïtienne vient de se qualifier pour le tour préliminaire ouvrant la porte aux éliminatoires pour la Coupe du monde U-17 qui se tiendra aux Emirats arabes unis en 2013.

Nous avons battu successivement Sainte-Lucie, Curaçao et la République dominicaine.

Depuis que le football existe dans la Caraïbe ces adversaires sont à notre portée. Toutes catégories confondues, nous avons toujours le dessus sur les équipes nationales de nos voisins insulaires, sauf la Jamaïque. La République dominicaine, qui partage l’île avec nous, est abonnée à nos victoires.

Rien de spectaculaire donc que cette série de matchs sans défaite sur de très petites équipes en phase préliminaire de la compétition. La suite sera plus corsée.

Nos joueurs ont du coffre, mais pas assez de construction de jeu. Ils ont la fougue, mais pas encore le fini qui  fait les champions.

Depuis quelques années, nous nous berçons d’illusions. A chaque deux points récoltés, nous nous voyons déjà au sommet du football mondial. Le chemin est long, très long, des rêves à la coupe levée.

Pour une fois, la conjonction semble bonne. La fédération, la présidence et le ministère des Sports ne se chamaillent pas. L’harmonie entre les officiels augure-t-elle une attention plus soutenue envers l’équipe, les équipes nationales ? Espérons-le de tout cœur.

Cependant, le foot, c’est aussi et surtout des compétitions pour permettre aux pratiquants de s’aguerrir au combat pour la première place. Une sélection est, comme le mot l’indique, une construction minutieuse issue d’une bataille permanente entre les meilleurs pour les rares places disponibles au plus haut niveau.

Haïti fait l’impasse depuis des années sur les championnats de jeunes. Nous en payons le prix. Les autres nations de la Caraïbe des petites équipes réduisent l’écart avec nous. Fini les scores fleuves. Ils nous arrachent même des nuls sporadiquement, ce qui était impensable il y a quelques années.

La présidence construit des stades à travers le pays, que la Fédération haïtienne de football multiplie les compétitions pour toutes les classes d’âge et pour les deux sexes, qu’elle implique les écoles, sollicite la participation des églises, des universités et des autres pépinières de joueurs.

Nous ne devons pas nous endormir sur nos lauriers. La sonnette d’alarme résonne depuis des années. Le football nous donne trop de plaisir pour ne pas construire sérieusement notre participation à chaque défi.

Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@dalfaz

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