Pour parler de littérature, ils se font une place…

Pour parler de littérature, ils se font une place…

 

Nos artistes aujourd’hui transforment les lieux. Dans le besoin de se rencontrer pour partager leurs idées; au nom de tout ce qui touche le monde littéraire, ils conquièrent les restos, changent les couleurs, ravivent les sens.

Là, à 10-traction Inn, un resto dansant sis à la rue Magloire Ambroise, de jeunes écrivains, se joignant à d’autres artistes, notamment des comédiens, danseurs et tambourineurs, se chargent de créer un univers artistique. Tout s’accorde. Entre la fumée des cigarettes et le calme, ils se rassemblent autour de petites tables en bois, bière à la main pour courtiser la poésie. Un intérieur sombre qui, la nuit, se métamorphose de ses peintures, ses étoiles qui semblent sortir des murs à force de briller. Ce resto fait si bien corps avec cette pléiade d’artistes qu’on a du mal à les imaginer dans d’autres situations.

Pourtant, c’est ce qui arrive actuellement. 10-traction se vide de ses artistes. Presqu’inoccupé la plupart du temps, mais toujours avec son ambiance musicale, ce resto offre en ce moment un cadre plutôt ordinaire. Des gens y viennent, s’assoient, consomment en tête à tête puis repartent. On se demande : où est donc passée l’élite de 10-traction?

« On est nombreux à déserter, nous confie Billy Midi, comédien, autrefois à Dram’art. 10-traction n’est plus ce qu’il était dans le temps. On ne peut plus discuter à cause du bruit. Avant, on choisissait d’écouter nos rythmes favoris. On ne se lassait jamais de Beethovas Obas, Joe Jack, pour ne citer que ceux-là. De nos jours, tout a changé. Les responsables nous imposent un ‘‘ gro bout konpa’’. Lorsqu’on leur demande de baisser l’appareil, ils disent que nous ne sommes pas les seuls. C’est triste, car c’est nous qui avons rendu 10-traction célèbre. »

Le mécontentement est plutôt général. Un tambourineur, Narcisse Choisimo, connu sous le nom d’Atchasou, partage l’avis de Billy Midi. « Le ‘‘baz atis’’ n’est plus là. 10-traction ne mérite plus son nom car, au lieu de s’y distraire, on le fuit. »

« Rien ne s’arrête, note cependant Pascal Joseph, danseur et directeur artistique de la troupe Zan-7. 10-traction peut bien se passer de notre présence. Mais nous, nous ne nous passerons jamais de la littérature. Les débats se poursuivent à Café Philo, chaque mardi dès 6h pm. »

Pour parler de littérature, les artistes se font une place. Leurs commentaires et objectifs portent à croire qu’ils font de la littérature un ami qui, au milieu du théâtre, la danse et le tambour, sera toujours la bienvenue. 

Credit: le Nouvelliste

 

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