Nouvelle armée, Martelly avancera avec ceux qui le veulent.

De nouvelles Forces armées sont une nécessité pour le pays. » Michel Martelly revient  à la charge. Cette fois avec plus de détermination. Le président de la République ne jure que pas la création d’une nouvelle force de défense. Sa dénomination n’est pas le plus important. Il veut aussi tenir ses promesses de campagne et doter le pays de ce corps armé. « Nous regardons des étrangers qui viennent nous donner de la sécurité alors que nous pouvons le faire nous-mêmes », a-t-il dit dans une interview accordée aux journalistes, jeudi, sur le chemin du retour de l’Equateur.

 Abord de l’avion des forces aériennes équatoriennes, Michel Martelly rêve de voir son pays doté lui aussi d’une armée avec toutes les infrastructures nécessaires. « Le président Corea nous a donné son support dans notre décision de mettre sur pied une force de défense qui, bien sûr, va remplacer la Minustah. L’Equateur est très, très ouvert. C’est un pays qui  n’arrête pas de mettre en évidence les prouesses de nos ancêtres qui ont changé le cour de l’humanité », a affirmé le président haïtien.

 Pour lui, parce qu’Haïti avait aidé des pays de l’Amérique latine à prendre leur indépendance, ils ont une redevance envers Haïti. « Il y a des pays qui sont pour, tout comme il y a d’autres qui sont réticents, a reconnu le président Martelly. Ceux qui sont réticents ne peuvent pas empêcher Haïti de réaliser des choses pour elle-même. Mais ils peuvent essayer de décourager ou de ne pas participer financièrement. »

 « Il ne s’agira pas de créer une force qui soulèvera la colère de tout le monde où Haïti se retrouvera en face des gens qui essaient de lui rendre la vie dure. On identifie déjà des partenaires qui sont prêts à nous accompagner. La semaine prochaine, le ministre de la Défense, Rodolphe Joazile et Mario Andrésol, le chef de la police nationale, retourneront en Equateur pour faire le suivi de ce  dossier », a-t-il indiqué.

 Selon le chef de l’Etat,  « la récente invasion des hommes en vert (anciens militaires) dans des camps a occasionné le retrait de bon nombre de personnes incluant le président Martelly. Je n’ai pas voulu remobiliser les anciens militaires. On n’avait jamais dit ça. Nous avions dit que nous mettrions sur pied une force qui respectera les critères… »

 C’est pourquoi, a-t-il poursuivi,  « le ministre de la Défense nous a accompagnés en Equateur. Les autorités équatoriennes nous ont promis de nous donner un appui technique et aussi au niveau de la formation. »

 L’armée équatorienne va former des Haïtiens qui en retour, formeront d’autres Haïtiens dans le cadre de la mise sur pied de la nouvelle force que péconise le président Martelly.  Le ministre de la Défense va faire le premier travail qui consiste à définir la mission de ce nouveau corps militaire, et à rassurer les partenaires. Le chef de l’Etat se dit conscient qu’il y a des amis qui ne sont pas confortables quand il parle de nouvelles forces.

 En revanche, à ceux qui disent que le président Martelly veut former une  armée pour l’utiliser ensuite à des fins politiques, le chef de l’Etat leur dit « bonne journée! ».

 L’Equateur est déjà très présent en Haïti

 Pour un montant d’environ 13 millions de dollars, un contingent d’ingénierie équatorien a fait des travaux remarquables dans le département de l’Artibonite, s’est félicité le chef de l’Etat. Pour lui, c’est ce type de coopération qu’il faut promouvoir. La coopération Sud-Sud. « Je pourrais évaluer  à plus de 30 millions de dollars ce que le contingent équatorien a fait. Mais cela n’a coûté que 13 millions. C’est parce qu’à travers ces projets il n’y avait pas de gens qui cherchaient à s’enrichir ni à faire du dilatoire. Plus de 15  kilomètres de route, des ponts, des curage de canaux ont été exécutés. C’est ce modèle de coopération qui est intéressant», a expliqué M. Martelly, soulignant qu’il reste ouvert à toutes autres formes de coopérations.

 Malgré cette coopération Sud-Sud dont fait l’éloge le chef de l’Etat, Haïti n’avait jamais eu une représentation en Equateur. « Le président Corea nous a promis un bureau à Quito. Il s’agirait de nommer le personnel qui, lui, va commencer à s’occuper des Haïtiens sans papiers vivant à  Quito », a avancé le locataire du palais national

 Les autorités équatoriennes ont promis de régulariser la situation des Haïtiens vivant dans des conditions irrégulières, selon Michel Martelly.

Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste.com
Credit: Le Nouvelliste

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