Requinquer les entreprises haïtiennes de construction

A vos marques: prêt? partez ! Les sprinteurs et les marathoniens connaissent bien ce signal. En début de semaine, le Premier ministre Laurent S. Lamothe, pas avec les mêmes mots, a annoncé une course: celle de la reconstruction prochaine de nombreux bâtiments publics détruits par Goudougoudou, le 12 janvier 2010. Est-ce qu’il y a des entreprises haïtiennes sur la ligne de départ ? Combien sont-elles ? Quelle part de marché pourront-elles capter ? On ne sait pas.

Cependant, ce n’est pas nécessaire d’être dans le secret des dieux pour dire des « miettes ». Déjà mal en point avant le séisme, les entreprises de construction haïtiennes sont aujourd’hui orphelines. Ou presque. Si elles ont eu accès à des lignes de crédits des banques de la place -« heureuses » de leurs surliquidités- pour se recapitaliser, s’agrandir, cela n’a pas fait de bruit. On ne sait pas non plus si l’Etat a mis des lettres de garantie à la disposition des entreprises  pour aider à la révalorisation du secteur dans un pays démoli par goudougoudou.

Autant que l’Etat, les entreprises de construction haïtiennes sont timorées. Trop discrètes, ces entreprises devraient prendre au mot l’administration Martelly qui a tablé sur la création de 500 000 emplois en 5 ans. Faudrait-il qu’il y ait aussi de la part de ces entreprises de l’envie d’être plus grandes, de vouloir plus ?

L’envie d’avoir plus, de générer un peu plus, c’est ce qui manque.

Les métiers de la construction sont-ils pensés par rapport à l’importance qu’ils auront dans les décennies à venir si l’on veut « Build back better » comme le dit le slogan ? Paraît-il ! Dans le cadre du projet 16/6, sept maîtres-formateurs et 20 formateurs ont reçu  leurs diplômes en construction parasismique, certifiés par l’INFP. Louable. Pas assez. Mais il y a un début à tout, disent ceux qui souhaitent la poursuite d’initiatives du genre pour créer ce vivier de main-d’œuvre qualifiée dont le pays a besoin pour infléchir les courbes toujours ascendantes du chômage en Haïti.

Si le chômeur traîne sur l’asphalte chaude, au frais, dans les caisses de l’argent attend. « 200 millions de dollars sont disponibles à la Banque centrale pour construire des bâtiments publics qui seront confiés à l’Etat en location-vente sur 40 ans », avait indiqué le gouverneur de la BRH, Charles Castel, en mai dernier. « C’est, avait-il poursuivit, une formule qui a obtenu l’accord du FMI ». Quelque 260 millions de dollars sont aussi disponibles dans la rubrique annulation de la dette d’Haïti par le FMI, 70 millions de dollars de cette enveloppe seront alloués à la construction de bâtiments publics. Le reste servira à la construction de logements sociaux, avait confié le gouverneur de la BRH.

Le moins que l’on puisse dire, entre-temps, c’est que les entreprises de construction haïtiennes ont besoin d’un plan Marshall. Ce qui serait profitable aux maçons, plombiers, ingénieurs et autres techniciens de la construction. Bailleurs internationaux, banquiers, grands argentiers de la République…à vos marques…

Roberson Alphonse ralphonse@lenouvelliste.com
 Credit: Le Nouvelliste

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