A quand le relogement des sinistrés de la place Sainte-Anne ?

A la place Sainte-Anne, qui abrite  552 familles, le décor reste inchangé. Les abris en tôle, en tapis, en bois et en toile sont encore plantés sur ce site, qui jadis était réservé au loisir et à la détente. Pour plus d’un, la place devrait être vidée de ses occupants avant la célébration de la Sainte-Anne, le 26 juillet 2012.

Ces sans-abris font face à toute sorte de difficultés. Ils sont en proie au vol, au viol et aux intempéries. « On est dans l’inconfort total ici. Lorsqu’il fait beau temps, la chaleur du soleil nous rend la vie dure et quand il pleut, nous connaissons les pires moments de nos vies… », s’est plaint Chérestal Jean Fougère, membre de la Nouvelle commission de gestion de la place Sainte-Anne (NCGPS).  « En vivant ici, je suis obligé de supporter ce que je n’aurais jamais supporté. Les gens disent et font n’importe quoi à longueur de journée. Le pire, on n’a presque plus d’intimité », a martelé une femme d’une quarantaine d’années requérant l’anonymat. Cette dame dit espérer que les autorités relogeront les sinistrés bientôt avec respect et dignité.

Selon Mario James Michaud, la Protection civile avait entamé, en juin dernier, le processus de relogement des  sinistrés de la place Sainte-Anne. 250 coupons ont été distribués à des familles, a-t-il fait savoir. Toutefois, seulement 95 des familles bénéficiaires vivaient réellement sur la place, suivant ce qu’il a ajouté.   « On a dû manifester notre mécontentement. On a été  à plusieurs médias de la capitale pour exiger des coupons pour toutes les familles qui habitaient le camp », a-t-il dit. Malheureusement, suite à ce  soulèvement, le processus a été interrompu. « Personne n’a été relogé ».

La NCGPS a effectué un recensement il y a trois semaines, dans le souci de débloquer la situation.  Le document a été déposé à plusieurs endroits, notamment au Palais national, au ministère de l’Intérieur, à la mairie de Port-au-Prince, à la Protection civile et au bureau de la Croix-Rouge haïtienne, d’après les membres de la commission.

Les camps des écoles impatientent…

Il ne reste que deux tentes dans le camp se trouvant au lycée Toussaint Louverture, à la rue D. Ennery, récemment dévasté par un incendie. Pourtant, les 115 familles sinistrées ne sont pas encore relogées. Certaines se sont empilées dans une salle  qui, autrefois, était réservée à la cafétéria de l’école. Les autres, dorment sur les débris des abris brûlés ou dans des voitures stationnées sur le site.

« Lorsqu’il pleut, nous, qui dormons à la belle étoile particulièrement, voyons de toutes les couleurs. Nous devons aller nous réfugier sous les deux tentes et dans la  cafétéria, déjà surchargée », a affirmé Dominique Yves.

Aucun  processus de relogement n’est encore enclenché, selon Joseph Carlo, un déplacé vivant dans ce camp. « Au contraire, des rumeurs évoquent une  intervention de la PNH pour nous chasser », dénonce-t-il, avant d’affirmer  « nous n’avons qu’un souhait : que le gouvernement vienne nous retirer d’ici en toute dignité ».

Les écoles nationales République du Pérou (Martisan 1) et Daguisseau Lespinasse (Champ de Mars) et le lycée Fritz Pierre-Louis (rue Saint-Honoré) hébergent  respectivement, 385, 86 et 12 familles venant d’un peu partout du centre-ville.

L’OIM a recensé,  lundi dernier, les tentes du camp d’hébergement se trouvant à l’école nationale Daguisseau Lespinasse, a indiqué l’un des responsables de ce camp, Wilner Midy. Toutefois, il s’est dit inquiet. « Je ne suis pas tout à fait sûr qu’on va s’occuper de nous, parce que plusieurs autres institutions ont déjà effectué des recensements qui n’ont rien donné ».  « Ici nous ne menons pas une vie digne de nous, nous n’avons aucune infrastructure de base… », a-t-il avancé.

  « Je souhaite que nous soyons relogés avant la prochaine rentrée scolaire, car notre présence ici empêche l’école de fonctionner normalement. Les gens font n’importe quoi dans la cour de l’école… »,  a déclaré François Richenold, un responsable du CRO (Centre de réhydratation orale) du camp Kasim Pérou (République du Pérou). Par ailleurs, il a indiqué que l’onde tropicale de cette semaine a fait pas mal de dégâts dans le camp.

Questionné sur les camps qui ne sont pas encore touché par le programme 16/6, Clément Bélizaire a fait savoir que des dispositions seraient bientôt prises afin de débarrasser les espaces privés et les écoles des camps de sinistrés dans un délai pas trop lointain. En ce sens, il a indiqué que l’unité de logements à l’UCLBP est à la recherche  de fonds.  M. Bélizaire, qui ne voulait intervenir sur aucun camp en particulier, s’est dit satisfait du programme 16/6.

Gladimy Ibraïme gibraime@lenouvelliste.com Hansy Mars hansymars@lenouvelliste.com
Credit: le Nouvelliste

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