Martelly : sa sécurité, notre tranquillité

Le président Michel Joseph Martelly bouge beaucoup. Son train de vie actuel ressemble à celui du « président du compas en tournée », de la star adulée, incapable de se passer du contact dopant de la foule. Le congé des caméras, des plateaux de télé, des magnétophones, des unes de journaux n’est pas accepté. On doit parler de lui. C’est l’homme. C’est aussi le politique sans majorité au Parlement, qui montera peut-être une structure politique ou qui  supportera éventuellement des candidats aux prochaines sénatoriales.

Si certains disent qu’avec Martelly c’est « l’overdose de  communication », d’autres ne lui tiennent pas rigueur pour l’instant. Avant lui,  Aristide aimait « paraître », Jean-Claude Duvalier était un petit prince fastueux. Cependant, ceux qui font en outre l’économie d’interrogation sur l’efficacité d’un président globe-trotteur fuyant vraisemblablement les dossiers, la coordination avec le Premier ministre de l’action gouvernementale, affichent une préoccupation ponctuelle : la sûreté et la sécurité du président Michel Joseph Martelly au cours de ses multiples déplacements.

A la suite d’une visite historique à la Citadelle, agrémentée de remontrances publiques à des responsables de l’ISPAN ayant laissé ce symbole de fierté nationale, cet élément du patrimoine mondial de l’Unesco … dans un piteux état, le cortège du chef de l’Etat a eu un accident. Sept blessés sont dénombrés : des membres de la sécurité présidentielle, de son service de communication et une fillette de 6 ans, grièvement blessée par un tout-terrain Polaris dont les freins auraient lâché.

Le conducteur de ce véhicule avait le pied lourd sur l’accélérateur en tentant de rejoindre le président Michel Joseph Martelly qui dévalait les pentes abruptes du morne Bonnet-à-L’Evêque de Milot. Le président Martelly, selon des témoignages, était au volant, en tête du cortège, sans ceinture de sécurité, sans casque. Bref, aussi insouciant que le citoyen lambda, exposant sa vie sur la route.

Le problème justement, c’est que Michel Joseph Martelly n’est plus un citoyen ordinaire, et la stabilité du pays, la tranquillité des citoyens dépendent de sa sécurité. Est-ce que le président dominicain Leonel Fernandez prendrait de tels risques ? Est-ce que les services secrets américains auraient laissé à Barack Obama la possibilité de prendre le volant et être ainsi à la merci du moindre forcené ? Evidemment non. La sécurité de VIP est une spécialité. Et ces spécialistes ont un corset de mesures imposables à tout président. Déroger à ces mesures peut entraîner des accidents préjudiciables à la tranquillité et à la stabilité d’un pays comme Haïti, où les élections s’accompagnent toujours de troubles, de heurts et de casses.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’une compagnie d’assurance-vie ou d’accident fera payer les yeux de la tête pour couvrir les risques de notre bouillonnant président. Un chef qui devra comprendre que notre tranquillité est liée à sa sécurité, à son respect des contraintes qu’impose la fonction de président…

Roberson Alphonse ralphonse@lenouvelliste.com roberson_alphonse@yahoo.com
Credit: Le Nouvelliste

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