“Sophia Martelly contrôle 3 ministères; une aberration à nulle autre pareille”, Arnel Bélizaire

Ce résumé de l’émission Ranmase de ce week-end aurait très bien pu être titré aussi: “Le moment de tous les excès” tant le jeune juriste, André Michel a énuméré les excès dont l’administration Martelly s’est rendue coupable pour la première année de son quinquennat. Il a évidemment  commencé par le tragique accident impliquant le cortège présidentiel. L’excès de vitesse en serait la cause, selon le dirigeant du groupe 77 et le président Martelly y était pour quelque chose puisque, fâché pour le peu de progrès enregistré dans les travaux de réhabilitation de la Citadelle, il a pris son “Polaris” (moto à 4 roues), dévalant la pente à toute vitesse vers Milot obligeant le reste du cortège à le suivre tant bien mal avec les conséquences que l’on sait.

Encore plus virulent dans ses critiques à l’endroit du président Martelly qu’il continue à appeler Michael Martelly  (desavouant ainsi les démentis de l’ambassadeur américain sur la probable double identité du chef de l’Etat), le député de Delmas/Tabarre, Arnel Bélizaire a crié au scandale devant les dérives inacceptables du pouvoir du président Martelly et du désordre institutionnalisé qui règne dans les finances publiques. La principale cible du parlementaire demeure toutefois Sophia Martelly qui règnerait en maitre et Seigneur et contrôlerait directement trois ministères et non des moindres: La Planification qui hériterait d’une bonne partie du budget du ministère de l’Intérieur (conflit ouvert entre Lamothe et T. Mayard-Paul), La Santé Publique et le ministère à la Condition féminine que la première dame a transformé en une boite de micro-crédit; Arnel  Bélizaire  a dénoncé le cynisme du pouvoir qui a préféré mettre le cap sur l’organisation d’un deuxième carnaval au cours de la même année alors que les policiers et les enseignants réclament sans succès une augmentation de salaire depuis des années. Celui qui fut considéré comme le premier prisonnier politique du président Martelly (l’espace d’un jour) souhaite transformer les trois jours du carnaval des fleurs en trois journées de manifestation contre le pouvoir en place.

“Le programme aba grangou est en fait une  promotion pour la faim et l’autre plan katye pam poze aurait une meilleure appellation si le nom était katye pam cho”, a encore déclaré le parlementaire qui croit que l’équipe du palais national est entrain de faire un grand tort au pays en desaffectant des fonds du budget pour des programmes de propagande politique qui n’ont aucune incidence positive réelle sur la vie des couches défavorisées de la population. L’ancien sénateur Rudy Hériveaux est aussi d’avis que le pouvoir du président Martelly est sur une très mauvaise pente et qu’il doit au plus se ressaisir s’il veut éviter d’avoir des conséquences fâcheuses. Rudy Hériveaux qui s’est toutefois prononcé formellement contre tout depart anticipé du président du pouvoir reconnaît néanmoins que celui-ci favorise un petit clan, une petite clique alors que la grande masse croupit dans la misère la plus noire. L’ancien président de la chambre basse estime que les programmes sociaux du pouvoir relèvent de la pure fiction, de la poudre aux yeux car, en réalité, ces programmes n’atterrissent pas et le peuple ne sait à quel Saint se vouer pour joindre les deux bouts.

L’ancien premier ministre Yvon Neptune, présent lui aussi à l’émission, est resté très prudent sur ces sujets de grande controverse encourageant toutefois les parlementaires à poursuite sur la voie de la convocation des officiels du pouvoir qu’ils ont annoncée pour demander des comptes sur la provenance des fonds qui doivent servir à financer le carnaval des fleurs ou les programmes “Ti manman chérie”,”aba grangou” ou “katye pam poze” du pouvoir. Ils ne figurent en effet pas dans le budget. Le sociologue Anthony Barbier n’envisage pas lui-même de rentrer dans des attaques frontales contre le président Martelly (il n’en vaudrait pas la peine), il préfère que les politiciens cherchent à atteindre le pays profond et les cellules de base de la nation pour une nouvelle socialisation politique de manière à éviter une autre expérience semblable à celle de Martelly qui est, il l’a dit, traumatisante pour le pays.

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