L’Hôpital Sainte-Croix se renforce et s’impose

La partie rénovée de l’hôpital Sainte-Croix a une capacité de 50 lits, a signalé d’entrée de jeu sa directrice générale, Gladys Memnon. Ce bâtiment, a-t-elle poursuivi, loge 3 salles d’opérations, une salle de réveil, 3 salles de consultations externes et 2 de médecine interne. Il comprend également 20 salles d’accouchement à raison de 5 accouchements par jour, dont une réservée au post-partum ; une salle pour la sonographie, une pour l’endoscopie, une salle de conférence, un guest-house, une station de radiodiffusion. La pédiatrie, le service de cardiologie avec électrocardiogrammes, le service d’urologie, d’ophtalmologie, de radiologie ; le service de prise en charge des personnes atteintes de la filariose lymphatique, le programme de la malaria, le laboratoire d’analyses médicales, la pharmacie, la clinique dentaire ; un système de filtration de l’eau, autant de domaines d’intervention qui précèdent un programme relatif au VIH/SIDA, et le service de l’orthopédie et de la réhabilitation.

 Ces travaux de réhabilitation permettent au personnel médical de dégager une nouvelle vision basée sur la trilogie : solidarité, équité et justice sociale. Ces indicateurs doivent aider les prestataires à mieux appréhender la réalité et à mieux appliquer le code d’éthique régissant la profession, a par ailleurs souhaité le Dr Memnon.

 Les ONG passent, mais Sainte-Croix demeure

 « Au lendemain du séisme dévastateur, nombreuses sont les agences de santé qui avaient envahi le marché de Léogâne. Mais j’ai toujours demandé à la population de retenir ce qu’elle a. Effectivement, toutes les ONG ont plié bagages et Sainte-Croix, qui appartient à la communauté, demeure », a martelé pour sa part Mgr Jean Zaché Duracin grâce à qui la réhabilitation de l’aile droite du centre hospitalier a pu se réaliser. Naturellement, il ne s’agit que d’un début, a souligné  le prélat, faisant remarquer que le plan en cours d’exécution prévoit la rénovation de tout le campus. Cependant, il voit dans cette inauguration un pas important,  digne d’être célébré.

Le ministère de la guérison

 Sainte-Croix exerce un ministère de guérison pour l’accomplissement duquel il doit se tenir debout en dépit des difficultés, a par ailleurs soutenu Mgr Duracin. Il lui revient d’alléger les souffrances physiques, morales et spirituelles de la nation. Voilà pourquoi toute l’équipe était présente aux côtés de la communauté aux heures les plus noires ayant suivi le tremblement de terre, a-t-il rappelé. « Dans les moments difficiles, nous pouvons tomber, mais nous ne serons pas terrassés, car nos racines enfoncées dans la foi sont profondes et nombreuses », a affirmé l’évêque de l’Eglise épiscopale d’Haïti.

Saluant enfin le partenariat entre l’Etat haïtien et l’hôpital Sainte-Croix,  Mgr Duracin a invité le gouvernement à prendre au sérieux la situation dégradante de la santé en Haïti, tout en renforçant cette institution afin de la rendre plus utile au pays. Il en a profité pour remercier tous les autres partenaires, dont l’Eglise presbytérienne des Etats-Unis d’Amérique, pour leur support inconditionnel à l’avancement de la cause.

 Une référence en matière de filariose lymphatique

 La représentante du ministère de la Santé publique et de la Population à la cérémonie d’inauguration, le Dr Lourdes Marie Belotte, s’est souvenue de l’appui apporté par Sainte-Croix à la lutte contre la filariose lymphatique, notamment au moment où l’on devait cartographier cette maladie à travers le pays. Elle en a profité pour annoncer la poursuite du partenariat entre le MSPP et cette importante institution sanitaire, rappelant que l’accès universel aux soins, l’équité et la justice sociale constituent les principes de base de la politique de santé publique.

 L’hôpital Sainte-Croix dessert 33 communes, estimées à plus de 5 millions d’habitants, et connaît des dates charnières dans son parcours : 1968 (date de sa fondation), 1975, 1987, 2000 et 2010, a révélé l’épiscopalien Max Mathurin, qui tentait de faire l’historique de cette institution  qu’il qualifie de patrimoine. Sa plus grande difficulté réside dans le fait que les archives n’existent plus, ayant été inondées à plusieurs reprises par la rivière Rouyonne, dans ses moments de révolte contre la mauvaise gestion de l’environnement.

Lucmane Vieux lucmanov@yahoo.fr

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