Carnaval des fleurs, c’est parti!

On avait presque oublié ces moments de grande effervescence qui précède le carnaval au Champ de Mars. Des planches transformées, à peine débarquées, en de magnifiques stands qu’on regarde avec un brin de tristesse en pensant qu’ils ne dureront que l’espace des trois jours gras. Les curieux, les automobilistes, les marchands ambulants, qui vont, viennent, s’installent, contribuent à créer une ambiance qui forcent les gens à se demander s’ils sont en février ou en juillet.

Il fallait évidemment y penser ! Un deuxième carnaval,  après celui des Cayes en février dernier qui a eu beaucoup de succès, et a défait surtout le mythe selon lequel le grand carnaval ne pouvait s’organiser qu’à Port-au-Prince. On se perd, tant il y a de choses annoncées pendant ce carnaval : des défilés en voiture décapotables, des groupes musicaux, des reines belles à faire pâlir Anacaona, etc. Peu importe, on sent qu’il y a un enjeu, même s’il n’est pas toujours clairement exprimé : celui d’arriver à offrir un spectacle artistique et culturel pouvant envoyer un message susceptible d’attirer des visiteurs la prochaine fois ou les prochaines fois, créer un vrai rendez-vous pour les artisans, les artistes et le grand public.

Le concours de la plus belle photo du carnaval des fleurs lancé par le ministère de la Culture est une nouveauté qui semble être bienvenue dans ce carnaval des fleurs qu’on n’avait pas organisé depuis trois décennies.  Nous laissons aux historiens  le soin de comparer les contextes sociohistoriques et le contenu des manifestations. La population de Port-au-Prince a augmenté de façon exponentielle, autant peut-être que les attentes. On épiloguera mercredi ou après.

Ces trois jours, 29, 30, 31 – évidemment les carnavaliers vont espérer jusqu’à la dernière minute que le mercredi sera décrété congé – représenteront une belle pause et permettront  à ceux qui ne sont pas allés au Champ de Mars depuis que les victimes du 12 janvier ont été relogés ailleurs, de se réapproprier de ce lieu symbolique de la capitale.

 

Emmelie Prophète

Credit : Le Nouvelliste

 

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