Les salamis dominicains interdits sur le marché haïtien

Les ministères de la Santé, du Commerce et de l’Agriculture ont temporairement interdit l’importation vers Haïti, la distribution et la vente des produits de charcuterie (communément appelés salami) en provenance de la République voisine.  Cette décision a été prise,à la suite de la publication des résultats de l’étude révélant la présence de coliformes fécaux dans des salamis dominicains et la non-conformité aux normes nutritionnelles admises. La mesure d’interdiction de ces produits est adoptée à l’issue d’une rencontre entre les ministères susmentionnés et la commission Santé de la Chambre basse.

Parallèlement, une commission ad hoc, composée des représentants du ministère de la Santé, de celui du Commerce et de celui de l’Agriculture, a également été constituée. Celle-ci a pour tâche de réaliser sur l’ensemble du territoire des contrôles systématiques sur les produits alimentaires de grande consommation et ceux fabriqués localement.

Le pays a-t-il les moyens pour réaliser un tel travail ? La réponse vient du ministre du Commerce, Wilson Laleau. « Nous n’avons que 12 agents dans notre service de contrôle de la qualité et ce ne sont pas des cadres, s’est plaint, vendredi, le ministre Laleau, qui intervenait sur les ondes de Magik 9. Nous n’avons pas de cadre réglémentaire pour intervenir sur certains problèmes en matière de protection des consommateurs. »

Wilson Laleau a, par ailleurs, reconnu que son ministère ne dispose ni des ressources humaines ni des ressources matérielles pour protéger les consommateurs.De plus le ministère du Commerce n’est présent que dans cinq départements géographiques du pays.

Le ministère de la Santé publique dispose également d’une direction de contrôle de la qualité. Sa situation est similaire à celle logée au ministère du Commerce. « Le service de contrôle de la qualité du MSPP fonctionne timidement », a reconnu Raymond Guilène Charite, DG du MSPP,  annonçant des mesures visant à remembrer cette structure.

Entre-temps, la vente des salamis dominicains dans certains marchés publics de Port-au-Prince est à la baisse. Les marchands s’en plaignent. « Lundi dernier j’ai réapprovisionné et quelques heures plus tard  la nouvelle s’est repandue. Les clients ne viennent presque plus », a lâché une marchande à la rue Traversière. « Les autorités peuvent interdire la vente des salamis à condition qu’on nous rembourse la totalité de notre argent », a-t-elle déclaré.

« Je ne sais rien. J’ai simplement remarqué que j’ai rien vendu », a répondu avec dédain un détaillant. Requérant l’anonymat, une  grossiste a indiqué qu’il s’agit d’une propagande politique et que « les marchands en sont les principales victimes ».

On ne dispose pas encore d’informations permettant de savoir l’impact de l’étude de la firme dominicaine sur la vente des salamis. On peut cependant affirmer que les résultats de l’enquête ne sont pas sans conséquence. Pour preuve, c’est la Direction générale des normes et des systèmes de qualité (DIGENOR) de la République dominicaine qui tente de rassurer les consommateurs.  « Le salami fabriqué  par le secteur formel est « nutritif, sain et ne présente aucun risque pour la santé des consommateurs », a indiqué le président de la DIGENOR, Manuel Geurrero. La DIGENOR a par ailleurs noté que l’étude menée par PROCONSUMIDOR concerne uniquement des salamis fabriqués par le secteur informel.

Gladimy Ibraïme gibraime@lenouvelliste.com Twitter : @GladimyIbraime
Credit; le Nouvelliste

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