Des autorités impliquées dans des activités subversives, selon Me Sénatus

L’affaire est déjà devant la justice. Bientôt, le juge d’instruction aura à auditionner plusieurs autorités du pays qui ont participé à des rencontres visant à semer le trouble au pays, a annoncé le chef du parquet. Me Jean Renel Sénatus n’a pas révélé l’identité desdites autorités. Intervenant, vendredi matin sur les ondes de Radio Magik 9, le commissaire du gouvernement s’est contenté de dire qu’ « il y a beaucoup d’autorités qui financent des associations de malfaiteurs. Il y a dix mille dollars américains qui ont été donnés d’une part et 150 000 gourdes d’autre part…Il est certaines choses que je ne peux pas dire dans les médias », a-t-il déclaré.

Selon Me Sénatus, les personnes incriminées sont de connivence avec Jean Robert Vincent, arrêté la semaine dernière en possession de beaucoup de tracts. Citant des informations provenant de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), Jean Robert Vincent aurait essayé à maintes fois de semer le trouble dans la ville. « Son nom a été cité dans le  déversement d’excrétas dans la zone du lycée Pétion au Bel-Air la semaine dernière dans le but de déstabiliser le pays. Son nom a aussi été cité dans les incidents de Martissant qui visaient à créer la panique à Port-au-Prince avant le carnaval », a dénoncé, entre autres, le chef du parquet.

Jean Robert Vincent aurait, dans des déclarations faites à la télé et à la radio le 25 mai, menacé d’incendier la résidence privée du président de la République.

Me Jean Renel Sénatus a reconnu qu’il ne revient pas à lui de dire si les accusations portées contre M. Vincent sont fondées ou pas. C’est pourquoi il croit important que le juge d’instruction fasse son travail dans ce dossier.

Le commissaire du gouvernement a lancé une mise en garde ferme contre tous ceux qui croient avoir le droit d’utiliser les médias pour proférer des menaces. « On peut vous mettre aux arrêts pour des déclarations faites à la radio ou à la télévision », a indiqué le chef du parquet. Selon lui, si quelqu’un menace d’incendier la ville, les autorités se doivent de l’arrêter avant que ce dernier mette à exécution ses menaces.

En revanche, l’homme qui se veut le défenseur, l’avocat de la société, a indiqué qu’il ne mettra pas l’action publique en mouvement contre quelqu’un sans avoir des preuves sur les faits qui lui sont reprochés. Il a fait savoir que M. Vincent aurait même planifié de lancer plusieurs grenades de gaz lacrymogène sur la foule le troisième  jour du carnaval des Fleurs.

Me Jean Renel Sénatus a souligné que sur la seule base d’un indice, la loi peut décider de mettre un individu soupçonné en garde à vue.

Selon le commissaire du gouvernement, les actions de Jean Robert Vincent ont été planifiées dans le cadre de plusieurs réunions qui se sont tenues en général soit dans un cabinet d’avocat ou soit local d’un parti politique à l’impasse Lavaud, l’endroit où M. Vincent a été appréhendé par la police.

Par ailleurs, le leader politique Turneb Delpé a confié au Nouvelliste que le local de son organisation à la première impasse Lavaud. Mais, a-t-il dit en souriant, il a été détruit par le tremblement de terre du 12 janvier 2010. Une façon pour le responsable de la Convention des partis politiques de souligner qu’il n’a rien à voir dans cette affaire.

Il a souligné qu’il existe l’impasse Lavaud I et l’impasse Lavaud II. M. Delpé a aussi indiqué qu’il y a bien un local qui abrite un cabinet d’avocats à la deuxième impasse Lavaud.  Contacté par Le Nouvelliste, le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince a indiqué qu’il n’est pas en mesure de localiser tous les cabinets dans sa juridiction après le séisme.

D’un autre côté Le Nouvelliste a contacté le ministère de la Justice, qui ne sait pas grand-chose sur  Jean Robert Vincent. « Nous ne sommes pas du tout au courant de ce dossier. D’ailleurs, je ne connais même pas ce Jean Robert Vincent. C’est la première fois que j’entend parler de lui. Je vais me renseigner pour vous », a lâché au journal  un responsable  de ce ministère.

Le Nouvelliste a aussi contacté le palais national sur le dossier. « En général, dans tous les pays du monde, lorsque quelqu’un a menacé le chef de l’Etat, cela est toujours pris très au sérieux », a déclaré au journal un proche conseiller de Michel Martelly joint par téléphone, vendredi après-midi. Il a souligné que le dossier suit son cours devant la justice.

En avril dernier, les autorités haïtiennes avaient accusé Pierre-Edouard Kansky de complot visant à déstabiliser le pays dans le but de renverser le président Martelly, en complicité avec le colonel dominicain à la retraite, Pedro Julio Goico. Ce que l’accusé avait formellement rejeté. Cette affaire est toujours devant la justice. Le parquet a été dessaisi de l’affaire. C’est le juge d’instruction Mimose Janvier qui s’en occupe  maintenant, a indiqué Me Sénatus.

Robenson Gefffrard et Danio Darius
Credit: Le Nouvelliste

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