Cadavre massacré à la morgue : Arrestations et funérailles avortées à Carrefour

Les entreprises funéraires Milfort, dont le PDG est placé en détention, ont été mises en cause dans la brutale transformation d’Estiverne Stéril, un jeune homme d’une vingtaine d’années, lors des obsèques qui ont failli tourner samedi à l’émeute dans une salle des témoins de Jéhovah à Truitier

Publié le samedi 4 août 2012

 La police a procédé samedi, sur ordre des autorités judiciaires, à l’arrestation de sept individus à Carrefour (banlieue sud de Port-au-Prince) au milieu de graves incidents ayant fait avorter les funérailles du jeune Estiverne Stéril qui aurait été exécuté à la morgue privée où le corps avait été acheminé.

Ce nouveau cas venu projeter une lumière crue sur les présumées pratiques criminelles dans les pompes funèbres, maintes fois dénoncées, a été à l’origine de scènes particulièrement dramatiques lorsque la découverte de la dépouille méconnaissable a suscité les réactions indignées des proches du défunt contre les représentants des entreprises funéraires Milfort, selon les observations d’un reporter de Radio Kiskeya.

Des jets de pierre contre le corbillard et une tentative d’érection de barricades de pneus enflammés devant la salle du royaume des témoins de Jéhovah- dans le quartier de Truitier où devait se dérouler la cérémonie religieuse- ont entraîné l’intervention des forces de l’ordre qui ont appréhendé le PDG du salon funéraire et de quatre de ses employés, dont le croque-mort Clément Atis. Deux membres de la famille éplorée au comportement jugé excessif ont été également mis sous les verrous.

La mère M. Stéril s’est opposée à l’exposition du corps avant de faire état de traces de blessures relevées notamment sur le visage du mort, troué par endroit. Effarée devant le spectacle d’un cadavre sauvagement massacré, elle a qualifié de « criminelles » les entreprises funéraires Milfort en racontant que son fils, âgé d’une vingtaine d’années, avait été déclaré mort à l’hôpital général (HUEH), il y a un peu plus d’une semaine, après une courte maladie. Il avait du vomissement et de la diarrhée.

Ses dires ont été corroborés par le procès-verbal du juge de paix de la juridiction.

Outre les autorités judiciaires et policières, l’un des responsables de la nouvelle administration communale de Carrefour, Jerry Léger, s’était également rendu sur les lieux de l’incident.

Le drame de samedi rappelle étrangement le cas de Jean Wilbert Elma, un agent de sécurité de l’ambassade américaine, dont les funérailles mouvementées en mai dernier avaient débouché sur l’intervention de l’appareil judiciaire et plusieurs arrestations suite à la découverte à l’église même du corps roué de coups du disparu. Donné pour mort, la victime, plongée dans un coma profond et achevée dans une morgue privée de la capitale, avait encore le pouls qui battait lors des obsèques.

Différents témoignages de parents traumatisés laissent croire que les morts provoquées seraient très courantes dans des pompes funèbres où chaque cadavre est considéré comme un précieux pourvoyeur d’argent qu’il faut garder sous contrôle jusqu’au bout. spp/Radio Kiskeya

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