Ces affiches publicitaires qui peuvent être dangereuses

Les panneaux publicitaires longent les routes nationales, s’installent dans les grandes villes de provinces et sont éparpillées dans la capitale haïtienne. A proximité d’établissements scolaires ou de bâtiments de secours, sur les places publiques ou à des points d’arrêt d’autobus, les enseignes sur socle (enseigne supportée par une structure massive nécessitant une fondation permanente) s’imposent. L’onde tropicale qui s’est abattue sur le département de l’Ouest le 16 juillet dernier a révélé une nouvelle fois le danger que représentent ces panneaux pour la vie et  les biens.

Au moins dix billboard ont été renversés lors des récentes intempéries qui ont duré quelques minutes, a précisé la mairesse de la commune de Port-au-Prince, Gabrielle Hyacinthe.  «Heureusement, on n’a  pas enregistré de victimes, mais cette situation est révélatrice du désordre qui existe dans le domaine de l’affichage et du désaffichage dans le pays», a-t-elle déclaré.

Selon madame Hyacinthe, il n’existe jusqu’à aujourd’hui aucune norme régissant l’affichage commercial. Le suivi dans la supervision des supports métalliques d’affiches publicitaires est  inexistant. L’approche est surtout de faire payer des taxes. Les installations abîmées par des accidents de la circulation ne sont généralement pas réajustées, les poteaux rouillés, les affiches inclinées ne sont pas une préoccupation pour les responsables. «Un poteau rouillé ou abîmé peut être renversé au moindre vent ou par tout autre choc et peut causer des pertes matérielles et en vies humaines», a-t-elle continué. Parallèlement, elle incrimine des propriétaires qui installent des affiches sans autorisation et sans respecter les normes sécuritaires.   

Gabrielle Hyacinthe se dit convaincue qu’une “enseigne publicitaire ne doit pas constituer une menace pour la sécurité publique ou les biens”, et annonce une série de mesures qui seront publiées prochainement dans un arrêté communal réglémentant l’affichage dans la commune de Port-au-Prince.

A partir de cet arrêté, la mairie tentera de régulariser le secteur. La municipalité se donnera pour tâche de contrôler si les affiches sont solidement fixées au mur d’un bâtiment ou suffisamment ancrées au sol pour résister à l’action des intempéries. Les affiches géantes dépassant 10 mètres de haut ne seront plus autorisées.

Il sera interdit d’installer une enseigne, quel qu’en soit le type, à moins de 50 mètres d’un établissement scolaire, sauf s’il s’agit de l’affiche de l’école en question. Le placement des enseignes dans les espaces publics, sur un arbre, sur un poteau d’utilité publique, de signalisation routière ou d’éclairage de la voie publique, sera prohibé.

La mairesse assure entre autres que l’ingénierie municipale et la direction d’affichage et de désaffichage joueront un rôle de superviseur dans les installations des enseignes sur socle. La première citoyenne de la commune de Port-au-Prince lance un appel à la population à soutenir la lutte contre le placement anarchique des affiches publicitaires.

Nathalie Verné
Credit: le Nouvelliste

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