La mère Kangourou, une alternative aux couveuses

En donnant à son petit le meilleur d’elle-même – sa chaleur, son lait, mais aussi toute sa force et tout son amour – la maman prolonge le plus possible pour son bébé les conditions dans lesquelles il se trouvait avant sa naissance. La nature a d’ailleurs tout prévu pour cela : un lait parfaitement adapté aux besoins du prématuré, deux seins chauds, doux et rassurants et un instinct maternel qui, si on ne le perturbe pas, ne tend que vers un seul but : prendre son enfant contre soi, le réchauffer, le nourrir et le protéger.

« La méthode Kangourou, avec l’allaitement, c’est pour la maman tout l’inverse de la couveuse, du gavage et du monitoring continu, qui lui donnent un terrible sentiment d’inutilité », a fait savoir Julie Waerenburgh, infirmière responsable du service de  pédiatrie au Centre de référence des urgences obstétricales (CRUO). «En utilisant la méthode mère Kangourou, presque tous les soins sont donnés en Kangourou, et les mamans apprennent à s’occuper de leur petit bébé avec le soutien du personnel médical jusqu’à ce que le bébé soit assez gros et que la maman sache continuer seule la méthode à la maison», laisse entendre la spécialiste belge.

Une fois qu’il s’est adapté à la vie extra-utérine, l’enfant prématuré commence à l’hôpital une formation avec sa mère pour la préparation à la sortie précoce, sous alimentation maternelle et en position kangourou. Une fois la sortie autorisée, il rentre dans sa famille, restant en contact direct peau contre peau  vingt-quatre heures sur vingt-quatre contre sa mère ou son père ou un autre membre de la famille. Il est alimenté selon un horaire strict et doit suivre une consultation  extrêmement rigoureuse où peut être détectée l’apparition de déviations dans le développement psychomoteur, visuel, auditif ou somatique permettant ainsi d’agir le plus rapidement possible et d’éviter des séquelles.

La méthode Kangourou comme alternative à la prise en charge en couveuse

« La méthode Kangourou est utilisée dans des lieux où elle permet de pallier le manque d’incubateurs ou de couveuses; de maintenance complexe et nécessitant forcément de l’électricité », a fait remarquer le docteur  Rodnie Sénat,  directrice médicale du CRUO. La mère est considérée à la fois comme source de chaleur et d’alimentation. Elle permet ainsi de mieux utiliser les ressources disponibles. La meilleure couveuse, de l’avis des spécialistes, c’est le corps des parents qui réchauffe leur bébé en régulant la température en temps réel. L’enfant est toujours à la bonne température. Il récupère plus rapidement pour le bonheur de tous ceux qui l’entourent.
La technique Kangourou permet une meilleure utilisation des ressources humaines et techniques disponibles qui existent mais en quantité insuffisante, et également l’établissement d’une relation plus précoce entre la mère et l’enfant, une promotion de l’allaitement et une diminution des coûts hospitaliers. Cette méthode, qui consiste à porter un enfant prématuré sur le ventre vingt-quatre heures sur vingt-quatre, peau contre peau, plutôt que de le laisser à l’hôpital dans une couveuse, aurait des effets bénéfiques mesurables sur le développement intellectuel de l’enfant.

La méthode Kangourou est aussi pratiquée dans les pays développés où elle permet une humanisation de la néonatologie, un environnement adapté pour la croissance de cet enfant immature et en particulier de son cerveau, une promotion de l’allaitement maternel, l’établissement d’une relation mère-enfant précoce. Elle rend à la mère son droit à être non seulement la meilleure mais aussi la plus responsable à prodiguer des soins à son enfant, une fois qu’il s’est adapté à la vie extra-utérine.

La technique kangourou est encore loin d’être comprise comme une véritable révolution dans les centres de néonatologie. La clé de tout est que les infirmières comprennent que les mamans sont capables, et qu’elles doivent leur faire confiance.

Credit: le Nouvelliste

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