Des initiatives novatrices dans le secteur culturel

Cette première moitié du mois d’août ressemble fort à une sorte de « rentrée » pour le secteur culturel haïtien. Au moins trois projets de grande importance voient le jour : La Maison des écrivains, Résidence Georges Anglade a accueilli hier 8 auteurs venus des régions et sera inaugurée le vendredi 10 à 18 heures, en présence des écrivains membres du Centre PEN, Association des professionnels de la plume, de personnalités officielles et du monde de la culture et des arts. Les vendredis littéraires, ce même vendredi 10, reprennent du service au Centre Culturel Anne Marie Morisset à Delmas, une importante revue de littérature, de critique et de théorie sociale est prévue pour la mi-septembre; en phase de finition, elle sera lancée au début du mois de septembre.

Située au no 10, rue du Souvenir, à Thomassin  32, La Maison des écrivains, Résidence Georges Anglade, est la première résidence permanente d’auteurs de toute l’histoire d’Haïti. Toute l’année, des auteurs haïtiens, des ailleurs d’Haïti et étrangers, membres d’un des 140 centres PEN dans le monde, peuvent s’y installer pendant un certain temps pour entamer, avancer ou terminer un projet d’écriture. La Maison des écrivains ambitionne légitimement d’être un lieu de cohésion, d’échanges, de création. Ce projet d’une grande générosité a reçu l’appui de nombreuses personnalités de tous les secteurs, toutes sensibles au fait que les écrivains sont les meilleurs ambassadeurs du pays, en temps normal comme en période de catastrophes (comme après le 12 janvier 2010).

La manifestation hebdomadaire « Les vendredis littéraires » inaugurée en 1994 est devenue une véritable institution. On trouvera peu de Port-au-princiens, intéressés un tant soit peu à la littérature, la chanson, les bonnes et belles rencontres qui n’aient jamais assisté à un vendredi littéraire. Les Vendredis littéraires de l’Université Caraïbes sont la preuve, comme l’a si bien dit l’écrivain Lyonel Trouillot dans un entretien au Nouvelliste en début de semaine, qu’il y a des choses qui durent dans notre pays. Interrompus par le séisme du 12 janvier 2010 auquel n’a pas résisté l’Université Caraïbe, c’est au Centre Culturel Anne Marie Morisset, à Delmas, que le rendez-vous est fixé. Ce qui change avec cette reprise, c’est que « Les vendredis littéraires » seront accompagnés d’ateliers d’écriture, offerts gratuitement. Il s’agit, toujours selon Lyonel Trouillot, d’accompagner sans prétention ni pédanterie celles et ceux qui entrent en écriture, toujours dans l’idée d’une restitution et dans l’idée de renvoyer la littérature à sa vérité : celle du texte.

Il n’y a encore aucune communication officielle sur  la revue de littérature, selon ses directeurs et son comité de rédaction, tout est quasiment près. A un moment où se pose de façon dramatique la question des circuits de légitimation, cette revue de littérature, de critique et de théorie sociale, pilotée par des écrivains,  poètes, historiens, universitaires, vient combler un grand vide et a manifestement de beaux jours devant elle.

 

Emmelie Prophète

Credit: Le Nouvelliste

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