Incendie à Carrefour, les structures d’urgence ont encore fait défaut

Près d’une dizaine de familles à Côte Plage 16 ont été victimes d’un incendie dont on ignore encore l’origine.  Selon des témoins, l’incendie a éclaté vers 8h 30 du matin le mercredi 8 août. Pour certains, les prises électriques clandestines sont à la base du sinistre.  Pour d’autres, le feu se serait propagé à partir d’un entrepôt de produits pétroliers appartenant à un détaillant. «Quand j’ai remarqué la fumée, je me suis précipité mais le feu se propageait déjà dans les récipients contenant du carburant. On a tout de suite appelé les pompiers mais les secours ne sont pas arrivés à temps », a expliqué Jameson Foyace, un jeune homme qui s’est évertué à éteindre les flammes.

Le feu, probablement alimenté par l’essence, s’est donc propagé sur une distance de 7 à 10 mètres, brûlant tout  sur son passage, flambant les maisons et les arbres bordant la route secondaire et a consumé un minibus stationné dans les environs. Près d’une heure plus tard, la population a réussi à maîtriser l’incendie. «Nous nous sommes servi de ce dont on disposait et on a réussi. On n’a pas enregistré de morts mais les dégâts sont considérables à cause du retard des pompiers. Cela aurait pu être plus grave si nous avions attendu l’arrivée des sapeurs pompiers », a conclu Jameson Foyace. Les secours sont arrivés aux environs de 11h et ont complètement éteint les flammes.

Ce jeudi 9 août, les habitants de l’agglomération bordant la route des rails et voisine au parc Alfredo sont choqués mais calmes. Ils commentent l’incendie de la veille. Ils sont encore sous le choc mais remercient le ciel que le pire ait été évité. Dans les maisons aux murs noircis par la fumée, propriétaires ou locataires victimes tentent de récupérer le peu qui leur reste. Pour certains, cela ne vaut pas la peine.

Sur les ruines de sa maisonnette où elle a vécu pendant 12 ans avec sa famille, au milieu d’articles ménagers consumés et des haillons, Inaly continue à chercher. Dans un petit coin aménagé sur la galerie de la maison en ruine, accroupie, cette femme aux abords de la vieillesse prépare à manger pour sa famille. «La voisine nous a hébergés et nous a permis de passer la nuit chez elle. Pour le reste, on doit se débrouiller », a-t-elle dit. Propriétaire, elle doit réparer sa maison au lieu de fuir, mais «les moyens manquent », a-t-elle confié en ajoutant que sa famille n’a d’autres options pour le moment.

Le nouveau maire de Carrefour, Jude Edouard Pierre, exprime son amertume face à l’incapacité de la mairie à secourir la population. «Il est inadmissible qu’aujourd’hui encore des communes reculées de la capitale doivent faire appel à la commune de Port-au-Prince pour maîtriser un incendie. Quand on considère les embouteillages sur la route, cela devient révoltant », a fulminé le maire.

Selon M. Pierre, la commune qu’il administre depuis un mois ne disposait pas de service  jusqu’à 2010. Après le tremblement de terre, des jeunes ont été formés au métier de sapeurs-pompiers performants. Ils ne peuvent pourtant faire face aux incendies faute d’équipements. « Notre équipe, aussi compétente qu’elle puisse être, ne peut servir convenablement sans moyens », a-t-il poursuivi.

M. Pierre a affirmé toutefois que des démarches seraient entreprises auprès du secrétaire d’Etat à la Sécurité publique qui a promis des équipements dans un futur très proche. Jude Edouard Pierre a dit espérer que le nécessaire serait fait avant une nouvelle catastrophe, qui pourrait faire des morts ou des blessés.

Nathalie Verné
Credit: Le Nouvelliste

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