Martelly se dirige vers un CEP avec ou sans le Parlement

Si dans huit jours le pouvoir législatif n’arrive pas à désigner ses trois représentants au Conseil électoral permanent, le chef de l’Etat formera le CEP avec uniquement les représentants des pouvoirs judiciaire et exécutif, a déclaré le porte-parole de la présidence. Un ultimatum rejeté par certains parlementaires.

La présidence met la pression sur le Parlement. Changement de ton.  Le Conseil électoral permanent  (CEP) sera formé dans huit jours avec ou sans les trois représentants du pouvoir législatif, a résolument annoncé le porte-parole de la présidence. « La République ne peut attendre indéfiniment. On se verrait  dans l’obligation de mettre en branle la machine électorale avec les membres déjà désignés en attendant que les parlementaires rejoignent le train en marche », a déclaré Lucien Jura.

Selon lui, le chef de l’Etat, en ses prérogatives de garant de la bonne marche des institutions publiques, s’est vu dans l’obligation de booster  le pouvoir législatif. M. Jura dit souhaiter vivement qu’avant l’expiration des huit jours les parlementaires arrivent à désigner leurs représentants au Conseil électoral permanent.

Concernant les différends qui existent entre les membres du pouvoir judiciaire, Lucien Jura a estimé que les acteurs en présence ont suffisamment de capacité pour se transcender afin de trouver une solution. Le gouvernement ne va pas s’immiscer dans leurs affaires, il s’en tient à la liste des trois noms envoyés par le CSPJ, a laissé comprendre le porte-parole de Michel Martelly.

Le sénateur Wencesclas Lambert soutient la présidence

Si le chef de l’Etat veut former le CEP sans le Parlement, il aura le plein soutien du sénateur Wencesclas Lambert. Le parlementaire, proche du pouvoir en place, a estimé que le président Michel Martelly aurait dû longtemps monter le Conseil électoral permanent. « Si j’étais à la place du président de la République j’investirais les six membres dans leur fonction (les trois représentants du CSPJ et trois du côté de la présidence). Lorsque le Parlement aurait désigné ses représentants, ils compléteraient le CEP », a déclaré le parlementaire, ajoutant que le pays doit continuer à fonctionner.

M.  Wencesclas ne jure que par la formation d’un Conseil électoral permanent, contrairement à plusieurs de ses collègues qui réclament un Conseil électoral provisoire.

Impossible d’avoir un Conseil électoral permanent, selon le sénateur Jean-Baptiste Bien-Aimé

Le pouvoir exécutif ne peut pas ordonner au pouvoir législatif de faire telle ou telle chose, de l’avis du sénateur Jean-Baptiste Bien-Aimé. « Aucun des trois pouvoirs de la République ne peut donner des ordres à un autre pouvoir », a réagi le parlementaire en réponse au délai de huit jours accordé au Parlement pour se faire représenter au CEP.

« D’un revers de main, je rejette cet ultimatum. Techniquement, nous savons qu’il est impossible d’avoir un Conseil électoral permanent », a-t-il ajouté. Selon lui, la démarche du chef de l’Etat est nulle et non avenue.

Le sénateur Anick François Joseph a abondé pratiquement dans le même sens. Il a estimé que la mise en place d’un Conseil électoral permanent est inopportune en raison du conflit existant au sein du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) et des difficultés de fonctionnement du Sénat.

Si les trois personnalités qui doivent représenter le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire sont connues, il s’agit de Exantus Salnave, Yves Benoît Jn Marie et Patrick R. Métellus, la présidence, elle, continue à  faire durer le suspense sur ses représentants.

« Ce sont des noms qui seront rendus publics la semaine prochaine. Ce, pour faciliter le bon déroulement du processus », a déclaré au Nouvelliste Lucien Jura.

Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste.com
Credit : Le Nouvelliste

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