Un été prometteur pour les Cayes

Mi-saison prometteuse pour la ville des Cayes, hôte du cinquième Conseil de gouvernement – le deuxième dans une ville de province – sous le leadership du Premier ministre Laurent Lamothe. Retour sur un conseil itinérant ouvert aux parlementaires et hommes d’affaires de la région Sud.

Le gouvernement de Laurent Lamothe a rallumé, mercredi, la flamme de l’espoir aux Cayes, la ville basculée dans le désespoir après avoir porté à bras-le-corps Michel Martelly au second tour d’une présidentielle agitée et  controversée. Arrivé en hélicoptère sur le tarmac de l’aéroport régional avant de diriger le cinquième Conseil de gouvernement, Laurent Lamothe promet pour mai prochain l’inauguration d’un hôpital de l’OFATMA d’une capacité de cinquante lits et celle d’un marché public dans deux mois. « Je veux que tous les projets donnent des résultats probants en faveur de la population qui mérite le bien-être socio-économique », a lancé Lamothe à ses ministres, secrétaires d’Etat et directeurs généraux intervenant au Conseil de gouvernement qui s’est tenu au Complexe administratif des Cayes.

Dans ce grand show retransmis en direct pendant quelque six heures sur diverses chaînes de télévision et sur Internet, chaque intervenant essaie d’inscrire les Cayes ou le département du Sud dans leur plan d’action. C’est ainsi que le ministre des Travaux publics, Transports et Communication, Jacques Yves Rousseau, a annoncé que des mesures de  rétorsion seront appliquées si nécessaires à l’encontre de OAS, une firme brésilienne, pour faciliter la reprise des travaux de construction de la route Cayes/Jérémie. La firme, qui s’est retirée du chantier, dit-il, n’a pas honoré ses dettes envers diverses compagnies locales. Seulement la moitié des 70 kilomètres, selon des chiffres cités cité par le ministre Rousseau, sont construits par l’OAS. Des cadres de la firme brésilienne seront dépêchés incessamment à Port-au-Prince, poursuit-il, pour trouver la formule idéale à la reprise des travaux. « La construction de la route va continuer », a assuré le ministre aux députés de la région Sud qui assistaient à la grande partie du Conseil de gouvernement.

Jacques Yves Rousseau promet aussi de l’eau potable en abondance à la population des Cayes. Vingt-sept kilomètres de tuyaux sont installés dans divers quartiers de la troisième ville du pays. Tout n’est pas rose pour la ville qui contribue à seulement 0,19% des recettes de l’Etat. La veille du Conseil de gouvernement, elle était plongée dans l’obscurité en raison du rationnement du courant électrique. « Un léger mieux a été constaté lors des festivités carnavalesques de février dernier », a expliqué un habitant de la ville, nostalgique des années où le réseau électrique fonctionnait à plein régime.

Le titulaire du MTPTC a, par ailleurs, annoncé les travaux de bétonnage de plusieurs rues des Cayes et la création de 1 000 emplois temporaires dans le département du Sud. « Ce n’est pas du saupoudrage », a indiqué le ministre, surnommé affectueusement « Jacko » par le chef du gouvernement. Des fonds, dit-il, ont été dégagés par le Premier ministre. Certains des programmes du ministère, a jugé M. Rousseau, aideront les agriculteurs à mieux préparer la prochaine campagne agricole. Ces travaux visent particulièrement à la réparation des systèmes d’irrigation, des pistes agricoles rurales et la protection des bassins versants. 40% des productions agricoles, a-t-il regretté, sont perdues lors de la dernière récolte.

Appelée par son prénom par le Premier ministre tout le long du Conseil de gouvernement, la titulaire du ministère du Tourisme, Stéphanie B. Vildrouin, a plaidé en faveur de l’agrandissement d’un kilomètre de la piste de l’aéroport des Cayes. Cet agrandissement, a mis en avant Mme Vildrouin, facilitera l’arrivée des petits avions en provenance de l’étranger transportant une vingtaine de passagers. Elle a aussi demandé au secrétaire d’Etat à la Sécurité publique de mener des opérations contre les constructions anarchiques et l’adoption d’un arrêté déclarant zones protégées les sites naturels du département du Sud.

En attendant, le Premier ministre a demandé au directeur général du Service métropolitain de collecte des résidus solides (SMCRS) d’élaborer un plan d’assainissement des plages et sites touristiques du Sud. « La décentralisation vient de prendre un sérieux coup sur la tête », a posté sur son compte Twitter, un journaliste étonné des nouvelles missions attribuées au SMCRS par le chef du gouvernement.

Tacles appuyés de Lamothe

Laurent Lamothe n’a pas seulement surnommé ou prénommé certains de ses ministres. L’homme qui bouge à la vitesse du tennisman, le sport qu’il a pratiqué au niveau professionnel, tacle aussi certains de ses coéquipiers. « Je veux que tous les projets donnent des résultats probants en faveur de la population qui mérite le bien-être socio-économique », a exhorté le Premier ministre. Il a ainsi demandé des dates d’exécution de plusieurs projets de construction d’écoles par le directeur du Fonds d’assistance économique et social (FAES), Klaus Heberwine, et de trois musées de la presse dans autant de villes par le ministère de la Communication, Ady Jean-Gardy.

Laurent Lamothe, qui s’est entretenu avec le président de la FIFA, Sepp Blatter, lors de son récent passage à Londres, s’est plaint des demandes d’aide incessantes de la Fédération haïtienne de football pour faciliter les voyages à l’étranger des différentes sélections de football. « J’ai été indigné », a avoué le Premier ministre, avant de passer des instructions au ministre des Sports, Jean Roosvelt René, pour prendre les mesures pour que les athlètes haïtiens puissent représenter dignement le pays.

Le Premier ministre, qui a visité des projets à Camp-Perrin et à Torbeck au lendemain du Conseil de gouvernement, prévoit une réforme en profondeur à la Banque populaire haïtienne. Cette institution bancaire appartenant à l’Etat haïtien, selon Lamothe, sera dirigée, entre autres, vers le crédit foncier. « Nous serons très agressifs sur les taux d’intérêt », prévient le chef du gouvernement.

Claude Gilles
 Credit : Le Nouvelliste

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