CEP/CSPJ, Me Arnel Alexis Joseph ferme au poste

Valéry Daudier

Ceux qui réclament la démission du président du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), Me Anel Alexis Joseph, n’auront pas gain de cause. Me Anel Alexis Joseph, soutenu par ses quatre alliés, n’entend pas reconsidérer le vote qui a conduit à la désignation des trois noms dans le cadre de la formation du Conseil électoral permanent. « Si on se croyait avoir mal fait, on aurait déjà rectifié le tir », a déclaré Me Alix Civil, l’un des membres du CSPJ, qui a, le mardi 14 août, défendu bec et ongles le fameux vote.

Le président du CSPJ n’aime pas le verbe « démissionner ». Surtout quand il a la certitude d’avoir bien agi dans une situation donnée. Embarrassé par les différentes interventions dans la presse demandant, entre autres, sa démission, Me Anel Alexis Joseph est sorti de son silence, le mardi 14 août, pour expliquer à nouveau la façon dont le vote a été réalisé. « Certains sont conscients de ce qu’ils disent, beaucoup d’autres ne connaissent pas trop la vérité », estime le président du CSPJ.

Entouré de ses quatre alliés, Me Anel Alexis Joseph, décrié depuis le jour du fameux vote, a encore soutenu que c’est la majorité qui  a décidé. « Dire que j’étais le seul à choisir les trois personnalités, c’est une insulte pour les autres conseillers qui étaient restés. C’est la majorité qui a décidé (…) On ne peut pas revenir en arrière. Je ne peux pas décider seul non plus », a indiqué Me Anel Alexis Joseph, au cours d’une conférence de presse, mardi, à l’Ecole de la Magistrature à Port-au-Prince.

Appuyant fermement la décision du président du CSPJ, Me Alix Civil avance : « La présence des huit membres [un membre étant à l’étranger] était constatée le jour du vote dans un procès-verbal. Mais au lieu de voter, ils se sont retirés. »

Questionné sur le quorum qui, selon plus d’un, a été infirmé au moment du vote, Me Civil a rejeté cet argument. « On n’infirme pas un quorum au cours d’une audience où le constat matériel des gens est constaté dans un procès-verbal. Les contestataires ont tourné le dos à l’audience. Il s’agit de refus personnel. Il n’y a pas eu d’infirmité de quorum », a soutenu Me Alix Civil, qui a ravi la vedette au président du CSPJ au cours de cette conférence de presse.

Lui ayant demandé si le vote a été, malgré tout, un vote « normal », Me Civil a préféré tourner autour du pot au lieu de répondre directement à la question. « Le processus a été fait de façon normale », a laissé entendre le conseiller. « Si l’on se croyait avoir mal fait, on aurait déjà rectifié le tir (…)  Le CSPJ est loin d’être un organe qui servirait de tremplin politique pour  un quelconque secteur », a-t-il ajouté.

De son côté, Me Antoine Norgaisse, qui n’était pas présent lors du vote, et qui s’est rallié au président du CSPJ, a aussi défendu sa position. « Je me suis dit que toute division au sein du CSPJ allait tout chambarder. Pour préserver l’institution fraîchement née, j’estimais qu’il fallait me rallier au président. J’ai entendu à la radio que j’étais dans l’opposition, au CSPJ il n’y a pas eu d’opposition », a déclaré Me Norgaisse.

Par ailleurs, face à la menace de la Fédération des barreaux d’Haïti(FBH) qui entend adresser une correspondance à la Chambre des députés pour la mise en accusation de Me Anel Alexis Joseph, pour « forfaiture », devant la Haute Cour de Justice, le président du CSPJ et de la Cour de cassation ne semble pas accorder trop d’importance à cette éventuelle décision. « Dire une chose, c’est un ; l’établir, c’est deux », a répondu Me Anel Alexis Joseph, qui n’entend pas non plus rendre le tablier.

« Démissionner ? Qu’est-ce que j’ai fait ? Je ne vais pas démissionner, je n’ai rien fait de mal », a encore soutenu le président du CSPJ.

Valéry Daudier
Credit: Le Nouvelliste

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