Le crédit plus l’électricité

Le président de la République, Michel Martelly, et le Premier ministre Laurent Lamothe ont déjeuné ensemble, lundi. C’est un communiqué très officiel des services de la présidence qui nous en informe. Malheureusement, les détails du menu du « fructueux déjeuner de travail » au palais national n’ont pas été divulgués. Qu’ont-ils mangé ? Qu’ont-ils bu ? Nous n’en savons rien. Vous n’en saurez pas plus. Petit secret d’Etat.

Par contre, nous savons de quoi ils ont discuté. Pas tout. Mais en gros, du crédit et de l’énergie.

La population était dans leur pensée. Le président annonce que bientôt, au prochain Conseil des ministres au plus tard, des décisions seront prises, puis annoncées. Bien. Bonne nouvelle. Pour une fois, le crédit est au plus haut dans les petits papiers de leurs excellences, le black-out qui nous afflige est en passe d’être…effacé. Réjouissons-nous.

« Le chef de l’Etat a en effet annoncé qu’il touchera sous peu les banques commerciales de sa politique de crédit qui est une vision sociale axée sur l’amélioration des conditions de vie des personnes les plus démunies. Il prône un partenariat public/privé devant permettre à la classe moyenne d’avoir accès véritablement au crédit», selon la note de la présidence.

«Tout citoyen doit avoir accès au crédit, cela ne doit pas concerner uniquement un petit groupe de personnes », a insisté le chef de l’Etat, appelant les banques commerciales à collaborer en ce sens. Ses propos ont été rapportés par le communiqué officiel.

Les banquiers doivent-ils craindre que le pouvoir leur force la main, les mette devant un fait accompli, bouscule les règles du jeu, fasse jouer les muscles de l’Etat, joue au Robin des Bois?

Non.

Les hommes d’argent savent que le pays a besoin d’une politique de crédit. Ils redoutent simplement les ravages du crédit octroyé pour des raisons politiques ou sur injonction politique. Ce n’est jamais sain.

Les décisions sur le crédit seront-elles prises lors d’un apéritif amical avant un cocktail dinatoire ou seront-elles prescrites comme des remèdes pour cheval rétif ? Tout sera dans la manière.

Le communiqué officiel, soulignant que les présidents du Sénat et de la Chambre des députés, MM. Dieuseul Simon Desras et Levaillant Louis-Jeune, ont participé à une partie des discussions, -n’ont-ils point déjeuné ?-, ne leur attribue aucune déclaration. Le Premier ministre Lamothe non plus n’est crédité d’aucun mot.

 « Je réalise qu’il existe un noir qui fait peur dans les rues. Le courant électrique n’est pas totalement disponible, tandis que l’Etat subventionne ce secteur à hauteur de 200 millions de dollars par an. Il faut savoir ce qu’on fait avec cet argent», a déclaré le chef de l’Etat, qui a déjà passé des instructions au Premier ministre pour organiser une rencontre avec les acteurs concernés dans l’objectif de trouver une solution durable à ce problème.

Ah! 200 millions de dollars par an et cette obscurité dans toute sa splendeur si souvent étalée sur la capitale et le reste du pays ! Il y a de quoi se poser des questions effectivement.

L’accès à l’énergie électrique sera à l’ordre du jour au prochain Conseil des ministres au cours duquel de grandes dispositions devront être annoncées dans l’intérêt de la population, annonce le Palais national.

Lénine avait promis les soviets et l’électricité aux Russes. Un siècle plus tard, nous aurons de la lumière et du crédit.

Attendons voir et faisons crédit aux promesses présidentielles.

 Frantz Duval

Credit: le Nouvelliste

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *