Andress Apollon au chevet de l’EDH

Alors que les coupures d’électricité se prolongent dans la région métropolitaine et que le gouvernement désespère de trouver une issue satisfaisante pour un secteur que l’État subventionne à hauteur de deux cent millions de dollars par an, une nouvelle équipe a pris les rênes de l’Électricité d’Haïti, jeudi.

Andress Apollon et Dukens Raphaël ont été nommés respectivement directeur général et directeur général adjoint de l’entreprise d’État.

Cette alliance inédite entre un enfant de l’entreprise, un dirigeant syndical de longue date, membre du conseil de direction de l’entreprise et grand connaisseur de ses méthodes de gestion et une gestionnaire diplômée des meilleures universités américaines, mais qui n’a aucune connaissance de la boîte, va-t-elle accoucher des résultats attendus ?

Dans son discours de circonstance, Mme Apollon a considéré sa nomination comme un moment historique. «L’EDH, pour la première fois, sera dirigée par une femme », a-t-elle fait remarquer avec raison.

D’entrée de jeu, la nouvelle directrice générale a reconnu que « les défis sont multiples et les moyens disponibles pour les relever bien moindres ». Elle promet de créer avec les cadres et employés de l’EDH « de nouveaux moyens pour les solutionner avec beaucoup d’imagination ».

« Je veux apporter à cette tâche une détermination singulière sachant que les défis sont de taille et que le terrain est difficile. Le professionnalisme, le savoir­-faire, le dynamisme, la bonne volonté, la collaboration et l’énergie nous permettront d’y faire face. »

Mme Apollon était jusqu’à sa nomination conseiller sénior du président Michel Martelly au sein de son cabinet privé. Elle était chargée des infrastructures publiques, particulièrement des investissements dans le secteur de l’énergie.

Avant, elle a eu une longue carrière en dépit de son jeune âge. Elle a fondé et dirigé sa propre firme, Apollon Strategies LLC, à New York où elle a vécu, aussi bien qu’au Cap, en Afrique du Sud.

Que se soit pendant sa carrière dans la finance (vice-­président de la Siebert Brandford Shank), dans la diplomatie américaine (elle a été conseiller économique et commercial de l’ambassadeur américain au Mali), ou dans l’aide au développement (à la USAID, où elle a géré un fonds de seize millions de dollars en faveur des petites et moyennes entreprises en Haïti), Andress Apollon s’est toujours occupée de problèmes concrets. Elle a passé toute sa carrière à naviguer entre les secteurs public et privé, selon sa biographie consultée par Le Nouvelliste.

Récipiendaire en 2011 du trophée Julius E. Babbit Alumni Award décerné par l’université de Harvard, elle est la fondatrice de l’école et de l’orphelinat Bon Samaritain à Trou Baguette. Elle a été le plus jeune membre du conseil d’administration de son Alma Mater, Carnegie Mellon University. Elle a aussi servi au conseil de direction de “The Brotherhood Sister­-Sol”, une organisation basée à Harlem, laquelle vient en aide aux jeunes Noirs et Latinos.

Mme Appolon est titulaire d’un Master en politiques publiques de Harvard Kennedy School of Government et d’un baccalauréat en relations internationales de l’Université Carnegie Mellon.

Interrogé ce vendredi par Le Nouvelliste, après une réunion de cinq heures d’horloge du conseil d’administration de l’EDH, sur les mesures qui seront prises dans l’immédiat par l’entreprise, Andress Apollon nous a indiqué que « sur la demande du président de la République, l’EDH est chargée d’élaborer un plan d’action détaillé pour la période de l’état d’urgence prévu pour 4 mois ».

« Les grandes lignes ont été discutées au conseil d’administration de l’EDH ce vendredi 17 août 2012 et seront élaborées par le Conseil des directeurs de l’EDH la semaine prochaine. La version finale sera soumisse pour approbation au prochain Conseil des ministres le 5 septembre 2012», selon le calendrier établi par l’entreprise.

Entre-temps, le journal a appris que le gouvernement s’apprête à rendre publique l’existence d’une commission public-privé sur l’énergie, chargée de faire également des propositions pour un secteur qui se cherche entre le solaire, les énergies renouvelables et les compagnies privées de production d’électricité.

Après maints ateliers de travail, des études et des mois d’assistance-conseil de firmes internationales à l’EDH, les problèmes liés à la production, au transport, à la vente et au recouvrement des créances de l’électricité sur les parties du territoire qui sont desservies par la compagnie sont-ils près de trouver une solution ?

Haïti dispose d’un des plus importants parcs privés de génération d’électricité (en général des génératrices de petite capacité) et consomme un nombre considérable de batteries par ménage pour mener la bataille du stockage de l’énergie.

 

Frantz Duval
Credit: Le Nouvelliste

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