En attendant Isaac

Il y avait match ce jeudi. Un bon vieux Real vs Barça en finale aller de la Super coupe d’Espagne. Est-ce la saison de football pas encore enclenchée, les passions fatiguées ou le temps changeant d’humeur ? Isaac était plus dans les têtes que les exploits des Messi-Ronaldo.

Une tempête tropicale nous tombe dessus. D’un moment à l’autre, nous risquons d’avoir à affronter un cyclone. Et même si nous ne sommes que douchés par quelques gouttes, cela peut entraîner dégâts et mort d’hommes. L’urgence n’était pas le match. Il fallait chercher du pain, de l’eau et le reste des indispensables pour tenir la journée de vendredi annoncée agitée.

Pour ne pas être enfermé, prisonnier du vent, de la pluie et de la faim, il y avait trois options : puiser dans ses réserves, passer à la banque ou frapper la poche d’un ami plus fourmi que cigale. Au final, chacun s’est fendu en quatre pour ne pas se retrouver sans cinq face à Isaac.

Rien de pire que d’être à sec pendant un cyclone, assiégé par ses besoins et les éléments déchaînés.

La solidarité joue à plein en ces heures de mauvais temps. Pour trouver un compagnon tueur d’angoisse, un bon samaritain pour vous héberger avant, pendant et, pour les victimes, après les averses et les bourrasques, que ne ferait-on pas ?

Il y en a qui affronteront Isaac seuls. Démunis de tout, le cœur rempli d’espoir que le sort sera clément pour leur abri et leur vie.

Cela dit, depuis quelques années, les services de météorologie et la protection civile nous accompagnent avec un professionnalisme exemplaire quand on sait les moyens limités de nos prévisionnistes.

On s’énerve quand, heureusement, les cataclysmes annoncés n’arrivent pas. Mais dans quel pétrin serions-nous sans leurs alertes ?

Imaginez un instant le temps pas trop ancien quand le mauvais temps nous tombait dessus sans un signe ni un signal d’alerte.

Cette science, popularisée par Renan Jean-Louis, feu Capitaine Météo, la voix de Mantoute – Marie-Andrée Raymond Jeudy – ou le calme de Alta Jean-Baptiste, rend un service hors de prix. Il faudrait que les autorités décorent un de ces jours les pionniers de cette aventure.

Il nous revient de leur rendre hommage, comme nous devons rendre hommage à tous nos héros. Ceux qui, par leurs actions, rendent la vie plus supportable sur cette terre d’Haïti.

En passant, que ce serait beau que l’Etat haïtien distingue Mario Andrésol pour six années de bons et loyaux services à la tête de la Police nationale d’Haïti !

Un chef de police aussi correct, cela ne se voit pas souvent, et l’exemple éclairerait la mission de ceux appelés à commander à la PNH comme ailleurs.

En ces heures à attendre Isaac, que chacun fasse le petit exercice d’établir sa liste de qui mérite assez de la nation pour être un Haïtien à décorer. Isaac, c’est le moment idéal de penser à nos héros, à ce qui est bien, à des jours meilleurs.

 

Frantz Duval
Credit: Le Nouvelliste

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