Mobilisation générale à l’approche d’Isaac

Haïti reste placée sous l’alerte rouge face au passage de la tempête tropicale Isaac qui pourrait se transformer en ouragan ce vendredi. Les autorités décrètent la permanence. Le gouvernement, assure le Premier ministre Laurent Lamothe, se prépare à y faire face en mettant, entre autres, 1 250 abris provisoires, dont 500 à Port-au-Prince et 178 dans le Sud.

La tempête tropicale Isaac menace toujours les îles des Caraïbes et tout particulièrement Haïti. Jeudi soir, à 18H00 GMT, selon des données communiquées par le centre américain de surveillance des ouragans (NHC), Isaac se trouvait à 255 km au sud de Porto Rico et à 445 km au sud-est de la République dominicaine, et se déplaçait vers l’ouest-nord-ouest à la vitesse de 24 km/h, avec des vents soutenus de 65 km/h. « Le centre d’Isaac devrait passer au sud de Porto Rico aujourd’hui (jeudi) et s’approcher de la côte sud de la République dominicaine et d’Haïti vendredi », prédit le NHC.

« Un renforcement est attendu dans les quarante-huit prochaines heures, et Isaac pourrait se transformer en ouragan à l’approche de la République dominicaine et d’Haïti »,  poursuit le centre, rapporté par AFP. Les précipitations, ajoute-t-il, pourraient atteindre plus de 50 cm et provoquer des inondations et des glissements de terrain dans ces deux pays.

Face à une telle situation, les autorités haïtiennes ont donc décrété l’alerte rouge sur l’ensemble du territoire. « Tout le gouvernement est mobilisé, ainsi que les forces de sécurité, pour évaluer la situation. Nous allons travailler avec les partenaires internationaux pour coordonner les actions de réponse », a indiqué le Premier ministre Laurent Lamothe au cours d’une réunion avec différentes institutions sur le passage de la tempête tropicale.

« Le gouvernement a mis à la disposition du peuple haïtien 1 250 abris provisoires, dont 500 à Port-au-Prince et 178 dans le Sud, 118 000 bouteilles d’eau, 100 000 kits alimentaires, soit 30% de la quantité exacte, 32 bateaux pour améliorer les logistiques et 200 conteneurs placés dans tous les départements pour les soins d’urgence », a fait remarquer le chef du gouvernement, soulignant que 3 000 volontaires seront disponibles pour apporter des soins et supporter les familles au passage de la tempête tropicale. A rappeler que quelque 400 000 personnes, selon l’Organisation internationale de la migration (OIM), vivent encore sous des tentes dans des camps, plus de deux ans et demi après le séisme.

Ce vendredi, plusieurs institutions comptent fermer leurs portes. Le consulat général des Etats-Unis a annoncé qu’il sera fermé ce vendredi. Selon l’Association professionnelle des banques (APB), dans le but de permettre aux clients de s’approvisionner, les banques commerciales privées ouvriront leurs portes mais seront fermées à midi, question de sécurité.

La République dominicaine mobilisée

Le gouvernement dominicain a également déclenché jeudi l’alerte rouge dans 22 de ses 31 provinces en raison des vents violents et des fortes précipitations prévues vendredi avec le passage au large de ses côtes de la tempête tropicale Isaac. Les autorités ont déjà demandé à la population de se préparer à faire face à des inondations, crues et glissements de terrain à cause des fortes pluies prévues dès jeudi soir et qui pourraient atteindre jusqu’à 200 mm par endroits.

Le personnel des hôpitaux, rapporte l’AFP, a été renforcé dans les zones à risque, les classes ont été suspendues dès jeudi et l’avenue longeant la Mer des Caraïbes dans la capitale a été fermée. Selon l’Office dominicain de météorologie (Onamet), Isaac devrait se situer vendredi matin à environ 100 km de Santo Domingo.

Après Haïti, Isaac pourrait aussi toucher les Etats-Unis la semaine prochaine et potentiellement menacer la tenue de la convention républicaine organisée à Tampa, en Floride, de lundi à jeudi. Les responsables estiment toutefois qu’il y a « beaucoup d’incertitudes sur le trajet qu’empruntera Isaac. »

Par ailleurs, le NHC, rapporte l’Agence France presse, a repéré jeudi une autre tempête tropicale en formation dans l’est de l’Atlantique. Nommée Joyce, celle-ci ne menaçait aucun territoire dans l’immédiat.

Valéry Daudier
Credit: Le Nouvelliste

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