La démolition du Palais national est imminente

Ce jeudi, à partir de neuf heures du matin, quatre pelleteuses et des dizaines de techniciens et de manœuvres vont abattre les ruines du palais national, a appris Le Nouvelliste.

« Les dispositions techniques sont arrêtées. Les zones interdites d’accès délimitées. Les employés du palais savent où ils ne doivent pas passer. Les tracteurs entrent en action à neuf heures du matin»,  a confirmé un haut responsable du cabinet privé du président de la République, Michel Martelly, mercredi soir.

Sur place, mercredi, des dizaines d’employés de l’ONG de Sean Penn s’activaient à évacuer des ruines du palais des meubles et quelques boîtes abandonnées par l’intendance de la résidence officielle du chef de l’Etat, a constaté sur place une équipe du journal autorisée à faire un dernier reportage avant la démolition.

Quatre pelleteuses sont alignées de front devant ce qui reste du péristyle du palais. Des bandes jaunes restreignent la circulation. Le long des grilles en fer recouvertes d’une bâche verte, des dizaines de badauds discutent de l’orientation qu’ils souhaitent que prennent les travaux de la démolition de cet édifice mythique.

Comme pour de nombreux autres chantiers en cours dans le pays depuis des mois, il n’y a pas eu d’appels d’offres. Tout se passe dans l’opacité la plus totale, déplorent plusieurs observateurs.

« Ce gouvernement qui communique sur tout n’a pas présenté le plan des travaux ni indiqué ce qu’il adviendra du palais », se plaint un ingénieur.

« Il n’y a même pas le chapeau légal d’une loi d’urgence pour sauter les procédures de passation de marchés. Pressé, ce gouvernement ne se protège pas », regrette cet ingénieur qui déplore que la majorité des contrats, dont celui de la démolition du Palais national, échappent aux professionnels haïtiens.

Devant le Palais national, les curieux ne se posent pas de grandes questions, mais les pronostics vont bon train sur l’architecture, les délais et sur le coût de cette opération démolition/reconstruction.

« Martelly travaille pour nous donner un nouveau palais, ceux qui parlent peuvent continuer à le faire: sa caravane avance… », lâche un partisan du président interrogé par le journal. Un sentiment qui est encore celui de la majorité de la population peu intéressée, pour le moment, à se poser de questions.

 

Frantz Duval
Credit: Le Nouvelliste

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