La fermeture de l’aéroport du Cap-Haitien ne tient qu’à un fil

Fermer ou ne pas fermer à tout trafic aérien l’aéroport international du Cap-Haitien à partir de ce vendredi, et ce pour cinq semaines, tel est le dilemme des autorités de Port-au-Prince en charge du dossier de rénovation de cette infrastructure qui permet de relier la deuxième ville du pays au reste du monde par avion.

Au cœur du choix, d’un côté, la santé du secteur hôtelier du Cap-Haitien et celle des exploitants de lignes aériennes qui réclament une fermeture partielle de la piste d’atterrissage pendant les travaux. De l’autre côté, les autorités sont confrontées à l’urgence de respecter un délai au 15 octobre pour l’achèvement des dits travaux. La visite d’une grande personnalité est attendue au Cap-Haitien et à Caracol.

Au moment de mettre sous presse, aucune décision n’était prise en ce qui concerne la fermeture de l’aéroport. Aucune annonce officielle d’une visite de la Secrétaire d’Etat américain, Hillary Clinton, n’était disponible non plus.

« La note officielle pour déclarer fermé à toute circulation aérienne de l’aéroport international du Cap Haïtien est prête », a déclaré au Nouvelliste le directeur général de l’Office de l’Aviation civile (OFNAC).

« Il y a encore des discussions pour évaluer l’opportunité de fermer l’aéroport ce vendredi au moment où je vous parle », a indiqué de son côté le secrétaire d’Etat aux Travaux publics, Philippe Cinéas, interrogé lui aussi par le journal mercredi en soirée.

Les deux responsables reconnaissent que la décision sera lourde de conséquences.

Promis depuis des années par les différents gouvernements qui se sont succédé au pouvoir, les travaux d’agrandissement et de modernisation de l’aéroport de la deuxième ville du pays sont à chaque fois reportés à plus tard. Quand ce ne sont pas les fonds qui ne sont pas aux rendez-vous, ce sont les décisions techniques qui traînent.

La grande question : faut-il agrandir ou construire un nouvel aéroport plus éloigné de la ville ?

Pour le moment, le projet au coût de 33 millions de dollars vise à refaire et à allonger la piste pour permettre à des avions plus importants de desservir la région. Le réaménagement de l’aérogare fait aussi partie des plans.

« Pour finir le gros du chantier d’ici au 15 octobre la firme Alba et ses deux sous-contractants, Sotec et HT Béton, veulent une piste libre de toute circulation aérienne », a révélé au journal le secrétaire d’Etat Cinéas.

« Nous évaluons avec eux s’il n’est pas possible de fermer la piste une partie de la journée ou de ne permettre qu’une utilisation partielle. Cependant, il y a un bout de la piste qui devra être démoli. Toutes les options sont sur la table », selon Cinéas.

« Cinq semaines sans pouvoir utiliser l’aéroport cela peut tuer certaines entreprises, d’autant que les autorités ne proposent aucune alternative aux avions. Et qui dit cinq semaines sait que cela peut prendre plus de temps. Les interventions sur les infrastructures ne respectent jamais leur calendrier. Il y a toujours des imprévus. Le premier est que nous ne savons toujours pas si l’aéroport sera vraiment fermé ce vendredi », a dit au journal un responsable d’une agence de voyages.

« Sur demande de l’Autorité aéroportuaire nationale (AAN) la décision de fermer l’aéroport du Cap Haïtien pour tout trafic aérien, du vendredi 7 septembre à partir de 5 heures de l’après-midi jusqu’au lundi 15 octobre à la même heure, a été prise. Une note sera envoyée sous peu aux compagnies aériennes du monde entier », a indiqué mercredi soir au Nouvelliste Jean Marc Flambert, DG de l’Ofnac, régulateur du transport aérien en Haïti.

« Nous ne pouvons pas proposer d’alternative si l’aéroport est fermé. Les deux options les plus proches du Cap-Haitien ont des handicaps. La piste utilisée à Pignon par des missionnaires n’est pas réglementaire. Celle de Port-de-Paix non plus », regrette Flambert.

Fermé ou pas l’aéroport international du Cap-Haitien d’ici vendredi et pour les cinq semaines qui viennent ne tient qu’à un fil. Ou à quelques coups de fil.

Frantz Duval

Credit: Le Nouvelliste

 

 

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