125 dollars par mois en moyenne par transfert, la plus faible de la région

Carlin Michel michelcarlin@yahoo.fr
Dans les pays de l’Amérique latine et de la Caraïbe, il y a eu, en 2011, 61 milliards de dollars américains venant des transferts. Si le Mexique a reçu plus de 37% de ces transactions, Haïti a eu 2 milliards de dollars de sa diaspora, un montant qui a excédé l’aide internationale et les investissements directs étrangers combinés.

« Les Haïtiens de la diaspora ont un niveau d’éducation relativement faible et des emplois mal rémunérés, donc leur capacité d’envoyer de l’argent est beaucoup plus faible, en comparant la diaspora haïtienne à la diaspora jamaïcaine ou à celle de la République dominicaine », a indiqué le vice-président exécutif de la Sogexpress, Franck Lanoix, qui intervenait ce vendredi à une émission sur Radio Métropole. M. Lanoix a fait remarquer que la moyenne de transfert de personne à personne est de 125 dollars américains. « C’est la plus faible de la région », a-t-il indiqué.

Il a cependant montré l’importance des transferts de la diaspora dans l’économie du pays. « C’est peut-être l’activité qui a le plus d’impact sur la vie quotidienne du citoyen haïtien. Partons du principe que 800 000 personnes reçoivent un transfert chaque mois; si dans une famille il y a quatre ou cinq personnes, ça fait à peu près quatre millions de personnes qui vivent de transferts », a expliqué le vice-président exécutif de la Sogexpress, ajoutant que près de la moitié de la population haïtienne, aujourd’hui, est dépendante des transferts.

Le dirigeant de la Sogexpress a toutefois regretté que, du fait que les transferts de la diaspora haïtienne sont relativement faibles, l’argent des transferts aille en grande partie vers la consommation de base. M. Lanoix a  indiqué qu’il faut voir comment on peut stimuler d’autres types de transferts vers les investissements et la production.

Selon une enquête spéciale de la Banque interaméricaine de développement (BID) réalisée en 2006, 23% des montants des transferts ont été utilisés pour l’investissement. « Cela a favorisé la création d’emplois et a servi de filet de sécurité sociale », a fait savoir, pour sa part, James Fils-Aimé, un cadre de la BID, qui a également participé à cette émission.

En 2011, le montant des transferts de la diaspora a atteint les 2,057 milliards de dollars. « Ce montant est très important pour le pays », a admis Franck Lanoix, qui a montré que les 2 milliards ont largement excédé l’aide internationale et les investissements directs étrangers pris ensemble. Pour l’année 2011, le directeur exécutif a fait remarquer que l’aide internationale a été d’un peu plus de 600 millions de dollars, alors que les investissements directs étrangers n’ont pas dépassé 170 millions.

Marché des transferts proche de saturation

Les trois grandes maisons de transferts qui opèrent dans le pays représentent, selon M. Lanoix, 76% du marché – Sogexpress, 32%, Cam transfert, 24% et la Unitransfert 20%. « Le réseau de ces trois institutions est assez impressionnant avec plus de 1 200 agents à travers le pays », a mentionné M. Lanoix, qui a fait savoir que le marché des transferts est proche de son niveau de saturation.

Le marché des transferts a des défis importants à relever pour pouvoir tenir le coup. Mentionnons la réduction des coûts des transactions pour les entreprises de transferts et les consommateurs ; le développement de nouveaux produits financiers pour pouvoir faciliter la démocratie financière ; l’exploitation du potentiel que représente la diaspora pour le développement socioéconomique du pays.

A rappeler qu’en un peu plus de dix ans, le marché des transferts a fait un bond en Haïti. Avant les années 2000, les transferts transitaient par le secteur informel. Les rares compagnies de transferts qui opéraient sur le marché offraient un service extrêmement inefficace et coûteux. Avec les services des banques commerciales dans ce domaine, ce marché s’est formalisé avec le temps.

Carlin Michel michelcarlin@yahoo.fr
Credit: Le Nouvelliste

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