A l’instigation de l’Exécutif, des Députés se préparent à désigner « deux conseillers électoraux »

Refusant de répondre à l’invitation du gouvernement, le Député Johnson Dieujuste dénonce un projet “inconstitutionnel” que s’apprêteraient à officialiser, en présence probablement du chef de l’Etat, des représentants de la Chambre basse disposés à annoncer, au Club Indigo, leur soutien à une désignation unilatérale de deux membres du CEP permanent

Publié le vendredi 14 septembre 2012

 De nombreux Députés s’apprêtaient, selon toute vraisemblance, à participer ce week-end au Club Indigo à une retraite organisée par l’administration Martelly en vue d’obtenir la désignation de deux autres membres du très contesté conseil électoral permanent, une initiative qualifiée d’inconstitutionnelle par des élus comme Johnson Dieujuste.

Le Député de Jean-Rabel (nord-ouest) a, en effet, annoncé vendredi avoir décliné une invitation du ministre chargé des relations avec le Parlement, Ralph Théano, qui souhaitait l’avoir également sur la Côte des arcadins (ouest). Ce dernier s’est employé ces derniers jours à dégager à la Chambre basse une « majorité fonctionnelle » capable de soutenir le projet présidentiel tout à fait contraire aux dispositions de la constitution amendée en vigueur.

Le Président Michel Martelly était, en principe, attendu à cette retraite très particulière.

Le Député Dieujuste rappelle qu’en son article 192 cette charte fondamentale stipule clairement que les deux Chambres réunies en assemblée nationale doivent choisir, à la majorité des deux tiers, les trois représentants du Parlement au CEP. Toute démarche qui va à l’encontre de cette procédure est « illégale et inconstitutionnelle », a poursuivi le parlementaire.

Il dit ne pas comprendre les motivations de l’Exécutif soucieux de mettre en place un organisme électoral vassalisé alors que parallèlement la situation économique et sociale de la population ne fait que s’aggraver avec notamment la hausse vertigineuse des prix des produits de première nécessité, au cours des derniers mois.

De l’avis de Johnson Dieujuste, les principaux objectifs d’une rencontre aujourd’hui entre les pouvoirs d’Etat devraient être la gestion des dégâts causés par la sécheresse et le récent passage du cyclone Isaac ainsi que la rentrée des classes, début octobre, qui arrive dans contexte très difficile pour les parents.

Plusieurs Sénateurs ont dénoncé le projet de l’équipe au pouvoir d’accorder aux participants à la retraite, sous forme de prime, l’enveloppe de dix millions de gourdes réservée aux collectivités territoriales si les Députés de la « majorité fonctionnelle » acceptaient d’endosser la nomination de deux nouveaux conseillers électoraux.

Confronté à une vague de contestations depuis la désignation entachée de fraudes des trois représentants du conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), le CEP dit permanent qui en est encore à six membres -au lieu des neuf prévus par la constitution- annonce avoir engagé des discussions avec des partenaires nationaux dans la perspective de l’organisation des prochaines élections.

Des secteurs de l’opposition et de la société civile ont prévenu le chef de l’Etat, l’ancien chanteur Michel Martelly alias “Sweet Micky”, qu’il risquait de courir à sa perte et de précipiter le pays dans une grave crise s’il persistait à reconnaître l’institution électorale dont la majorité des membres n’ont pratiquement aucune légitimité. spp/Radio Kiskeya

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *