En plein dans les prix

Le Premier ministre Laurent Lamothe a mis les pieds dans le riz depuis quelques jours. Dans le riz, mais aussi dans d’autres denrées de première nécessité. Responsabilités de chef de gouvernement et de ministre de la Planification obligent, Lamothe assiste tous les jours à de petites manifestations de citoyens criant leur faim devant ses bureaux. Partout où il passe, les plaintes arrivent à ses oreilles. Cela coûte cher de manger au pays le plus pauvre de l’hémisphère.

Le PM a décidé de contre-attaquer. D’abord en rencontrant les importateurs de riz, il y a deux semaines. Puis les amis d’Haïti. Enfin les responsables de différentes institutions publiques pour présenter la riposte du gouvernement.

Ce vendredi, les premiers engagements sont sortis de la bouche du chef du gouvernement. Laurent Salvador Lamothe a promis une baisse des prix du riz sur le marché local afin de soulager les petites bourses. Et aussi les autres.

«Le prix du riz est trop élevé sur le marché. Je vais travailler sur un programme que je dois présenter au président Martelly, en vue de parvenir à une baisse du prix d’ici la semaine prochaine », a annoncé Lamothe, qui s’adressait à des centaines de familles, en majorité des femmes de la localité de Saieh, à Carrefour-Feuilles, lors du lancement du programme gouvernemental « Ti manman cheri », rapporte l’agence en ligne HPN.

Lors d’un autre déplacement à La Saline, toujours vendredi, le Premier ministre a dévoilé que le gouvernement va importer 300 000 sacs de riz afin de faire chuter le prix de ce produit sur le marché, selon la même agence de presse.

Le riz importé a tout pour être l’as d’atout du programme de baisse des prix. Sur le marché international, les silos débordent de stocks de riz. Le prix est à moitié moins cher qu’en 2008, lors des émeutes de la faim. 500 dollars américains la tonne contre jusqu’à 1 000 au premier trimestre de 2008, année funeste au Premier ministre de l’époque, Jacques-Édouard Alexis.

Pourquoi le gouvernement et les importateurs n’ont-ils pas pu trouver un terrain d’entente sur une baisse des prix de cette denrée peu chère? Car si à l’import les prix ont chuté drastiquement, celui de la petite marmite, unité de mesure haïtienne, a crû. Dépasse les niveaux de 2008.

Selon parlementaires, il faut voir une corrélation entre le financement par les commerçants de deux carnavals en moins de six mois et la hausse des prix…

Pour d’autres sources, il y a dans la balance le facteur de change. La gourde perd de la valeur depuis des mois. La lutte contre la contrebande et les retards fiscaux aurait aussi des incidences sur le panier de la ménagère.

Cela dit, si le petit sac de riz est passé de 875 gourdes à  jusqu’à 1 050 gourdes sur certains marchés, en peu de mois, le prix d’un hareng saur lui est passé de 15 à 35 gourdes environ.

Cette fois, c’est à cause de l’interdiction d’entrée du « salami » sur le territoire national que le prix du hareng explose. La demande pèse sur les prix qui connaissent une croissance exagérée jusqu’à péter la caque. Sale affaire ! Que c’est salé de mettre un peu d’hareng saur sur son riz.

La commission de stabilisation des prix créée ce vendredi a du travail et des défis à relever.

 Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@Frantzduval

Credit: Le Nouvelliste

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