Le café haïtien sur le marché international

Sur le pic de la chaîne des Matheux à environ 17 km de la nationale # 1 se trouve la section communale de Fond-Baptiste (commune de l’Arcahaie). Le long de la route sablonneuse s’offre une vue panoramique de toute la plaine de l’Arcahaie. Le trajet se fait à moto. L’altitude est de plus de 1 000 mètres, la terre est argileuse et le climat doux. On remarque des bananiers, des caféiers et des arbres fruitiers partout. A Fond-Baptiste, une organisation haïtienne de la diaspora, ITIAH coffee, établit des contacts avec les paysans dans l’idée d’exporter leur café sur le marché américain.

« ITIAH coffee existe depuis deux ans. Nous savons que le café haïtien est d’excellente qualité, mais ne réussit presque jamais le test de contrôle exigé à l’importation des produits vers le marché américain. Pour cela, nous comptons acheter le grain de café pour ensuite le torréfier aux Etats-Unis d’Amérique», a déclaré Edouard Démétrius, entrepreneur et responsable des relations publiques de l’ITIAH. L’homme d’affaires a par ailleurs souligné que le développement du pays ne doit pas dépendre de  l’aide internationale mais de l’utilisation efficace de ses diverses ressources.

Dorsainvil Joanès est cultivateur et leader paysan dans la localité. Il rencontre, discute et anime des réunions sur ce projet. « La dernière fois qu’il y avait un projet de développement du café à Fond-Baptiste remonte à l’époque du père Jean- Marie Vincent qui fut assassiné le 28 août 1994. Nous avons du café à commercialiser et nous en aurons encore plus quand les paysans commenceront à empocher un peu d’argent pour leurs produits », soutient M. Joanès.

« Fond-Baptiste a d’énormes potentialités en matière de production caféière. La terre est riche et le climat est favorable. Cependant, beaucoup de paysans rechignent à cultiver le café vu qu’on ne le récolte qu’une fois l’an, contrairement à certaines légumineuses qui arrivent à maturité  chaque trois mois, sans compter qu’un caféier met quatre ans avant  de donner sa première récolte», explique le technicien agricole Fanès D’Haïti. Il appelle à une subvention de ce produit par l’Etat haïtien.

« Un investissement dans le café serait à la fois bon pour l’économie et pour l’environnement du pays, car le café ne croît qu’à l’ombre des grands arbres. Ce serait comme une invitation à reboiser le pays », poursuit M. D’Haïti.

Des techniciens du ministère de l’Agriculture ont expliqué que 80% du café haïtien est du type  Typica–Arabica. Une des espèces de café les plus recherchées sur le marché international.  A l’heure actuelle, Haïti exporte du café pour plus de 10 millions de dollars vers la République dominicaine. Ce qui fait donc de ce produit la première denrée agricole d’exportation du pays.

Dumas Macon

Credit: Le Nouvelliste

 

 Dumas Maçon

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *