Catts Pressoir avait soif de la rentrée

Valéry DAUDIER vdaudier@lenouvelliste.com

Le collège Catts Pressoir a eu une rentrée scolaire bien particulière. Pour la première fois, des élèves de 11 à 13 ans, musiciens de la fanfare du collège, ont exécuté l’hymne national et celui du collège pour le bonheur des centaines de parents présents. Les responsables en ont profité pour inaugurer un nouveau pavillon dont l’électrification a été réalisée par des élèves de la classe terminale.

Les élèves du collège Catts Pressoir ont répondu en grand nombre à l’appel dès la première journée de la rentrée des classes, le 1er octobre 2012. Visiblement, les écoliers attendaient impatiemment ce retour à l’école qui devait avoir lieu le 3 septembre dernier, mais qui avait été reporté. Le directeur de l’école, Guy Etienne, est catégorique. Il n’a pas apprécié la décision du gouvernement de réduire le nombre de jours de classe.

« Depuis les quatre dernières années, la rentrée des classes est retardée pour des raisons purement politiques. La formation des jeunes semble être prise en otage pour satisfaire des intérêts personnels », a déclaré M. Etienne, soulignant que la réduction du nombre de jours de classe « éloigne notre pays de la compétitivité internationale ».

« Tout semble se liguer pour faire comprendre à nos enfants que leur formation n’a aucune valeur dans la construction de leur avenir. Il est  tout à fait compréhensible, mais non admissible que notre pays, si riche en potentiel de toute sorte, sombre encore dans un sous-développement qui, semble-t-il, fait le bonheur de certains », a ajouté l’éducateur.

L’année dernière, a-t-il fait remarquer, l’école avait eu l’autorisation de fonctionner en septembre. « Mais, cette année, malgré toutes nos démarches, les responsables ont systématiquement refusé que les écoles haïtiennes ouvrent leurs portes, et…sans aucune explication », regrette Guy Etienne, qui a voulu quand même rassurer les centaines de parents présents d’une formation toujours de qualité pour leurs enfants.

« L’expérience a montré que nous sommes toujours prêts, quelle que soit la date de réouverture officielle des classes, à offrir le minimum à nos élèves ; en même temps, nous ne sommes jamais prêts vu que nous rêvons toujours d’offrir le maximum à nos enfants », a fait savoir le directeur du collège Catts Pressoir.

« Nous avons développé des stratégies qui nous permettront de respecter nos engagements envers les parents et les élèves, et particulièrement, de couvrir les programmes de cours prévus pour l’année », a-t-il assuré au cours de cette cérémonie.

Nouveau pavillon, meilleur confort

Pour la nouvelle année scolaire, les élèves ont été à nouveau mis en garde. Et pour combler le retard, les élèves des classes d’examens (6e année, 9e année, première et terminale) ne chômeront pas les samedis. Ils auront des tests « en vue de permettre aux enseignants concernés d’utiliser les heures de contrôle en salle de classe pour avancer avec des programmes en application ».

« La discipline est le facteur indispensable à tout succès », a rappelé Guy Etienne, qui ne pouvait pas cacher sa satisfaction en inaugurant un nouveau pavillon de la section primaire de l’école qui a été endommagée par le tremblement de terre. « Nous [Guy et son épouse] avons dû hypothéquer notre maison pour construire ce bâtiment », a confié l’éducateur.

« Aujourd’hui, c’est avec fierté que nous vous annonçons que l’électrification de ce nouveau pavillon a été réalisée par des élèves de la classe terminale », s’est réjoui le directeur de l’école, qui a remis des certificats aux trois jeunes électriciens pour leur travail.

Voir des écoliers âgés entre 11 et 13 ans en train d’exécuter l’hymne national ainsi que celui du collège a été sans nul doute l’un des moments les plus forts de la matinée du lundi 1er octobre 2012. « On a voulu organiser une rentrée grandiose en réaction à ce mois de retard, et faire comprendre aussi aux élèves la valeur de l’école, que c’est un endroit agréable à vivre », a soutenu Guy Etienne, heureux de faire des rêves toujours « lucides ».

Credit: le Nouvelliste

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *