Lamothe et Ban Ki-moon veulent évacuer le choléra

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a rencontré ce mardi le Premier ministre Laurent Salvador Lamothe dans le cadre d’une nouvelle initiative visant à promouvoir un accès élargi à l’eau potable et l’assainissement, à l’amélioration des soins de santé et à la mobilisation des ressources au niveau global. Cette rencontre avait pour objectif de s’attaquer au choléra en Haïti en 2013 et dans les années à venir.

Cette initiative du secrétaire général de l’Onu vise à renforcer l’initiative, lancée en janvier 2012 par les présidents d’Haïti et de la République dominicaine, avec le soutien de l’Organisation mondiale de la santé (Oms) / Organisation panaméricaine de la santé (Ops), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) et le Centre de contrôle et de prévention des maladies (Cdc).

A cette importante rencontre, le Premier ministre Laurent Salvador Lamothe a  débattu plusieurs  points importants, lit-on dans une note de la Primature. Il s’agit de l’importance du plan binational d’élimination du choléra (appuyé par l’Oms/Os et Unicef) et de la nécessité de mobiliser les partenaires nécessaires pour mettre fin à cette terrible épidémie ;  les défis auxquels fait face Haïti en termes d’infrastructures sanitaires (eau, hygiène et assainissement) et discuter des stratégies à mettre en place pour sortir la population de la pauvreté extrême ; la nomination d’un conseiller spécial du secrétaire général pour appuyer la mise en œuvre du plan binational ; et la  mobilisation par les Nations unies de nouveaux  partenariats et de ressources nécessaires pour supporter les initiatives gouvernementales visant à éradiquer le choléra.

Selon un communiqué de la mission onusienne en Haïti, l’Initiative Hispaniola nécessite 2,2 milliards de dollars pour Haïti et 70 millions de dollars pour la République dominicaine au cours des 10 prochaines années. Il est estimé qu’Haïti aura besoin de 500 millions de dollars au cours des seules deux prochaines années pour renforcer son plan national opérationnel de lutte contre le choléra.

« Pour que le choléra disparaisse d’Haïti, il faudra que la communauté internationale apporte tout l’appui possible. Nous devons unir nos forces et redoubler d’efforts pour que notre action soit à la mesure du problème », a déclaré M. Ban Ki-moon, en présence du président de la République dominicaine, Danilo Medina, de l’envoyé spécial des Nations unies en Haïti, William Jefferson B. Clinton, du Dr Paul Famer, du directeur du Centre de contrôle des maladies, Thomas Frieden, et du président de la Banque inter-américaine de développement, Luis  Alberto Moreno.

D’un autre côté, le numéro un de l’ONU, a  annoncé  la mise à disposition de 215 millions de dollars par les bailleurs bilatéraux et multilatéraux afin d’appuyer les efforts immédiats et à long terme pour l’élimination de la maladie. Il a affirmé que l’ONU s’engage à verser un montant supplémentaire de 23,5 millions de dollars en faveur de l’initiative du secrétaire général.

« La majeure partie de ces fonds sera investie dans la construction de systèmes d’adduction d’eau potable et d’assainissement. Ils financeront aussi la distribution de vaccins aux Haïtiens vivant dans des zones à risque, comme les quartiers urbains très peuplés et les régions rurales où les soins de santé ne sont pas accessibles », a précisé M. Ki-moon.

En vertu de l’initiative du secrétaire général, l’ONU va plaider pour un engagement et des ressources financières plus importants de la communauté internationale contre le choléra, l’Envoyé spécial adjoint des Nations unies pour Haïti, le médecin et humanitaire de renommée mondiale le Dr Paul Farmer, est nommé conseiller spécial du secrétaire général. Le Dr. Farmer soutiendra l’initiative du secrétaire général en le conseillant sur la médecine communautaire et les leçons apprises d’Haïti, mais aussi sur la façon dont elles peuvent être appliquées dans d’autres pays.

« Nous sommes déterminés à aider les Haïtiens à retrouver la santé et à se construire un avenir meilleur.  L’ONU a dépensé 118 millions de dollars dans sa réponse au choléra depuis le début de l’épidémie. Celle-ci comprend notamment la mise en place de centres de traitement et de points de réhydratation orale, la fourniture de points de lavage des mains et de toilettes dans les écoles, la formation des agents de santé, la distribution de produits de traitement de l’eau et la distribution de fournitures humanitaires», a déclaré Ban Ki-moon, assurant le soutien de l’ONU aux efforts du gouvernement haïtien pour contrôler les dépenses liées à la lutte contre le choléra et mesurer l’impact de ses interventions.

Ainsi, le gouvernement haïtien, à travers cette initiative, entend renforcer le système sanitaire du pays et  accélérer  par la même occasion la mise en œuvre efficace et effective d’un plan binational d’élimination du choléra.

Credit: Le Nouvelliste

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