Godson Orélus enfin investi

C’est en présence de hautes personnalités haïtiennes et étrangères que s’est déroulée la cérémonie d’investiture de Godson Orélus ce jeudi aux locaux de l’académie de police. De grands défis attendent le nouveau directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH) désigné par arrêté présidentiel et ratifié par le Sénat il y a environ quatre mois. La tâche à laquelle il devra s’atteler à bras-le-corps, s’il souhaite donner des résultats, se révèlera apparemment ardue tant l’image de la PNH est entamée ces derniers jours.

En effet, les problèmes qui rongent l’Institution policière sont légion et complexes. Orélus en est conscient. « Je connais les ressentiments et toutes les insatisfactions individuelles qui démotivent le personnel policier et dépouillent du même coup l’Institution de ses cadres les plus méritoires », a lancé d’entrée de jeu M. Orélus qui croit dur comme fer que nul n’est mieux placé que lui pour être bien imbu des revendications des policiers et répondre ainsi à leurs attentes.

Godson Orélus, qui se présente comme un fils de l’Institution policière pour y avoir vécu tous les échelons pendant 17 ans, compte s’attaquer à toutes les carences en armement, équipement, infrastructures diverses dont souffre la PNH depuis sa création. Il a notamment mis en avant le déficit de gestion des ressources humaines qui est un mal criant à enrayer au plus vite au cours de son administration.

Par ailleurs, il prévient qu’il va sévir avec la plus grande rigueur contre les comportements dérogatoires de certains policiers à l’éthique policière.

La police est une force transversale. « Elle constitue l’un des piliers sur lesquels s’édifiera le développement d’Haïti », soutient le président de la République, Michel Martelly, qui participait à cette cérémonie d’investiture. Aussi, le policier se doit de se comporter en auxiliaire essentiel œuvrant à l’instauration de l’Etat de Droit à partir duquel s’établira le climat de sécurité propice à l’investissement. A cette phase, dit-il, le policier devient un agent de développement et favorise la création d’emplois, a ajouté le chef de l’Etat.

La population est devenue de plus en plus anxieuse ces jours-ci tant l’insécurité la guette. Présent à la cérémonie, Jean Renel Sanon, ministre de la justice et de la sécurité publique, semble comprendre lui aussi cette nécessité. « Le peuple a soif de sécurité pour vivre de façon plus sereine, il faut la lui fournir », a-t-il lancé au successeur de Mario Andresol.

Cette intronisation vient dans un contexte où l’insécurité, toutes acceptions considérées, bat son plein. Godson Orélus est en fait attendu au tournant. Il a, d’une part, du gros à faire pour dépasser les efforts combien estimables de son successeur dans le cadre du processus de professionnalisation de la PNH, et, d’autre part, s’évertuer ardemment en vue de projeter une nouvelle image de l’Institution policière qui n’est pas au-dessus de tout soupçon.

Juno Jean Baptiste

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