Des étudiants ont une nouvelle fois gagné les rues pour exiger un nouveau terrain pour l’ENS

Des étudiants de l’Ecole normale supérieure (ENS) ont organisé ce mercredi une manifestation dans les rues de la capitale haïtienne pour exiger des autorités étatiques un terrain, ce qui permettra de reconstruire le bâtiment de l’ENS. La construction de ce nouveau local devrait être financée par le gouvernement japonais à hauteur de 10 millions de dollars américains.

La coopération japonaise a accordé un délai jusqu’au 31 décembre aux responsables de l’Ecole normale supérieure (ENS)  pour trouver un terrain en vue de reconstruire cet édifice qui a été détruit lors du séisme du 12 janvier 2010. Dans le cas contraire, l’ENS risque de perdre l’appui financier du Japon. 12 jours avant l’expiration de ce délai, des étudiants et des professeurs de l’ENS manifestent une nouvelle fois dans les rues de Port-au-Prince pour demander à l’Etat haïtien de leur accorder un terrain pour ne pas laisser passer cette opportunité.

Selon le secrétaire général de l’ENS, Gérard Duplessis, l’intervenant de cette « école des rues», l’ENS n’a jamais eu son propre local. Aussi, le temps est venu pour l’Etat haïtien de reconnaître l’importance des normaliens dans la reconstruction d’Haïti. «  L’Ecole normale supérieure n’a jamais eu son propre local depuis sa création en 1947. 65 ans après, nous fonctionnons dans des conditions difficiles : les salles ne sont pas appropriées, il n’y a pas de bibliothèque ni de salles pour recevoir des invités. Aujourd’hui, l’Etat haïtien doit faire un effort pour aider l’ENS à trouver cet argent pour acheter ce terrain. Car le développement d’un pays n’est pas possible sans la présence de l’université  », a-t-il souligné.

Selon le secrétaire général de l’ENS, il y a eu des discussions entre l’Etat haïtien et les responsables dela dite faculté sur l’opportunité qu’offre la coopération japonaise de doter l’Ecole normale supérieure d’un bâtiment moderne, mais les responsables n’ont  donné aucune réponse à cette date. « Nous avons écrit au rectorat pour l’informer de la situation. En collaboration avec ce dernier, nous avons acheminé une lettre au ministère des Finances  qui nous a demandé en retour de trouver un terrain et l’Etat haïtien se chargera de son acquisition. Nous avons entamé des démarches et nous avons proposé  trois terrains  à l’Etat haïtien. Jusqu’à présent, nous n’avons aucune réponse », a-t-il déclaré.

Selon l’étudiant Jackson Germain, les responsables concernés n’ont manifesté aucune volonté pour favoriser l’acquisition du terrain en question. Il se plaint également des mauvaises conditions dans lesquelles l’Ecole normale supérieure  fonctionne  depuis le séisme du 12 janvier 2010. « Des terrains ont été répertoriés au niveau de Babiole, de Carrefour-Feuilles et à l’avenue Christophe. Toutefois, les responsables de l’Etat haïtien n’ont jusqu’à présent manifesté aucune volonté pour l’achat de l’un d’entre eux bien qu’ils soient au courant des mauvaises conditions dans lesquelles nous travaillons depuis le séisme du 12 janvier 2010  », a t-il déploré. .

Contacté par le journal, le recteur de l’Université d’Etat d’Haïti, Jean-Vernet Henry, a fait savoir qu’il a rencontré les responsables de l’Ecole normale supérieure à ce sujet et qu’il espère que sous peu l’Etat  haïtien facilitera à l’ENS l’acquisition d’un terrain, ce qui lui permettra de bénéficier de l’offre de la coopération japonaise. 

Le nouveau bâtiment de l’ENS devrait comporter notamment 38 salles de classe, 4 laboratoires, un dortoir de 200 lits, un lycée et une bibliothèque. Mais, à 12 jours du délai, les étudiants espèrent encore une intervention rapide de l’Etat haïtien. Une journée portes ouvertes est aussi prévue  pour le jeudi 20 décembre  à l’Ecole normale supérieure.

Jocelyn Belfort
Credit: le Nouvelliste

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