«Religions pour la Paix »apporte des précisions

Des voix s’élèvent pour dénoncer des anomalies et des ambiguïtés relevées dans le protocole d’accord signé entre le président Michel Martelly et le Parlement sur le Conseil électoral. Selon le pasteur Sylvain Exantus, membre de Religions pour la paix et médiateur des négociations, le contenu de l’accord est le résultat d’un long processus de discussions faites exclusivement entre les deux parties sans leur intervention dans le fond.

La question que plusieurs élus et leaders politiques se posent est la suivante: Quel a été le véritable rôle de Religions pour la paix dans les négociations entre l’exécutif et le Parlement sur la formation du Conseil électoral ? Ils estiment qu’une institution aussi prestigieuse ne devait pas parapher un document présentant autant d’irrégularités et d’ambiguïtés. « Les articles du protocole d’accord sont le résultat des discussions entre les deux parties sans l’intervention de Religions pour la paix», a répondu le pasteur Sylvain Exantus aux détracteurs de Religions pour la Paix.

Dans un premier temps, explique-t-il,  il était question de laisser les deux parties  définir leur contentieux et leurs points de désaccord. « C’est le moment le plus long où les protagonistes s’accusent mutuellement et se rejettent les responsabilités de la crise. C’est comme un défoulement qui nécessite beaucoup de temps », souligne-t-il, intervenant jeudi matin à l’émission Panel Magik, sur Radio Magik 9.

Dans un second temps, poursuit le président de la Fédération protestante d’Haïti,  le médiateur cherche à savoir la volonté réelle des protagonistes à trouver une sortie de crise. « Lorsque les deux parties ont manifesté leur volonté de trouver une solution, c’est alors que « Religions pour la paix » leur a demandé de présenter des propositions de solution écrites. Ce qu’ils ont fait. Les séances de discussions se sont déroulées sur les deux textes qui , par la suite, ont conduit à la rédaction d’un troisième document accepté par tous et qui a été finalement signé comme protocole d’accord… »

«Il y a eu des moments assez douloureux pendant les négociations», se souvient le pasteur Sylvain Exantus. Régulièrement, les deux parties se retiraient séparément pour savoir ce qu’il fallait faire. «Religions pour la paix n’est pas intervenue dans ce que les deux parties considéraient comme une sortie de crise, indique-t-il. Aucun des articles se trouvant dans le protocole d’accord n’a été proposé par les leaders religieux.»

Les leaders religieux étaient surtout là pour rappeler aux protagonistes de défendre les intérêts de la nation au cours des discussions tout en soulignant que, dans une négociation, on ne peut pas tout gagner. «Il faut faire des sacrifices et accepter de perdre certains privilèges pour le bien du pays», avance Sylvain Exantus.

Il précise que «Religions pour la paix, tout au cours des négociations, a su garder une neutralité pour ne pas se discréditer. C’est  pourquoi, selon le pasteur Exantus, les leaders religieux ont laissé aux protagonistes le soin de trouver eux-mêmes leurs voies et moyens de solution».

En outre, « …nous avions aidé à changer les phrases qui pouvaient prêter à équivoque. Mais notre rôle n’était pas de dire aux parties ce qu’il fallait faire… », insiste le pasteur.

Pour ceux qui estiment que le conseiller du président Michel Martelly, Me Grégory Mayard-Paul ne devait pas engager l’Etat dans ces négociations en paraphant le protocole d’accord, le pasteur Exantus fait remarquer que sa signature n’enlève rien au document. Il a été mandaté par le chef de l’Etat en ce sens, souligne-t-il. Les protagonistes se sont engagés à respecter les thèmes de l’accord et «Religions pour la paix  a la responsabilité de veiller à  l’application des articles dudit accord», poursuit-il.

Dans ce document paraphé le lundi 24 décembre 2012, le palais national et le Parlement, se sont mis d’accord sur la formation d’un Collège transitoire du Conseil électoral permanent qui aura la responsabilité d’organiser les élections pour renouveler le tiers du Sénat et les collectivités territoriales. Pour certains, les articles 4, 5 et 6 de cet accord contiennent trop de non-dits.

Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste.com
Credit: le Nouvelliste

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