Grand Goâve : la bataille 10 vs 22 continue

Quand les bases 10 et 22 s’affrontent, c’est toute la population de Grand-Goâve qui est sur le qui-vive. Depuis la semaine dernière la ville a été le théâtre d’un mouvement de tensions qui a pratiquement paralysé le fonctionnement de toutes les activités. Ces bases, souvenirs des dernières élections, regroupent respectivement les sympathisants de l’ancien député Jean Marcel Lumérant (candidat sous la bannière de la plateforme Inite, base 10) et ceux de Joseph Franck Laporte (candidat sous la Plateforme Ansanm Nou Fò, base 22), polarisent ainsi la ville de grand Goâve.

Jimmy Moreau Alias Obama, âgé 35 ans et agent de sécurité de l’actuel maire de grand Goâve Jackson Myril, a été tué le mercredi 1er mai lorsque des individus lourdement armés avaient attaqué la résidence privée de M. Myril qui serait lui-même touché d’un projectile. Jackson Myril, qui participait à l’émission Recto Verso sur Radio Trans-Inter (98.1 FM), pointe du doigt le député Franck Laporte qui, dit-il, serait le cerveau de cet attentat et qui voulait que son ami et partisan, l’ancien maire de grand Goâve, Joseph Jean Pierre Salam, soit resté à la tête de la mairie. En ce sens, explique-t-il, le député Laporte envisage sa mise à pied en vue de le remplacer par Monsieur Salam. Jackson Myril dit identifier certains partisans du député dont Jean Panel et Julio Zamor dans l’attaque perpétrée contre son domicile.

Le député Franck Laporte, qui intervenait aussi à la même émission le mardi 6 mai 2013, accuse à son tour l’ancien représentant de Grand Goâve à la 48ème législature, Jean Marcel Lumérant qui serait, dit-il, le chef d’un puissant gang qui l’avait kidnappé le 21 novembre 2010 à Grand Goâve en connivence avec Jackson Myril. Il met en cause aussi Monsieur Georges Racine, un membre influent du pouvoir Tèt Kale qui serait de mèche avec Jean Marcel Lumérant et qui alimente le gang dirigé par ce dernier en minutions, a dénoncé Franck Laporte qui déplore le fait que ses collègues du PSP ne l’ont pas supporté dans ses moments de déboires.

Ces informations allaient vite être contredites par l’ex-député Lumérant qui répondait aux questions de Lionel Edouard et Eddy Laguerre à l’émission Recto Verso sur RTI. Très difficile donc de rétablir la vérité des faits. Les accusations pleuvent de part et d’autre. Jean Marcel Lumérant et Franck Laporte veulent se faire passer pour des saints en lançant des appels de paix.

Jean Marcel Lumérant explique que cette situation est la conséquence des résultats des dernières élections le mettant aux prises avec le député Laporte depuis avril 2011. Malgré sa victoire au Bureau du Contentieux électoral national (BCEN), Franck Laporte a été, dit-il, nommé député par Gaillot Dorsainvil, nous dit l’ancien député Jean Marcel Lumérant traitant le député Laporte de menteur qui fabrique de fausses informations, à défaut de faire mieux.

La situation, explique-t-il, allait empirer lorsque le président de la République devait effectuer une visite à Petit Goâve le 4 octobre 2012. Un groupe de jeunes alors avait décidé d’organiser une manifestation pacifique pour attirer l’attention du chef de l’Etat sur le fonctionnement du Cartel de la mairie de Grand Goâve réduit à un seul membre, en la personne de Joseph Jean Pierre Salam, après l’élection de Franck Laporte comme député et qui était jusque-là maire-adjoint, le troisième membre, pour sa part, n’a jamais pris siège au Cartel. Le député Laporte de concert avec le maire Salam n’a eu de cesse d’attaquer les opposants politiques. Ainsi, selon Jean Marcel Lumérant, le député Laporte et le maire Salam sont seuls responsables de ce mouvement de tension qui sévit à Grand Goâve.

 

Hausse des actes de banditisme

Les fauteurs de troubles ne chôment pas. Un peu partout dans le pays, le phénomène du grand banditisme est en hausse. Après Grand Goâve, des actes d’insécurité ont été recensés avec plusieurs cas de morts d’hommes à Cité-Soleil. Les affrontements entre les gangs rivaux à Cité Soleil ont couté la vie à 3 personnes et six autres blessées. Cette remontée de l’insécurité dans le plus grand bidonville du pays inquiète beaucoup Jean Ronald Coby, agent exécutif intérimaire de Cité Soleil qui se plaint de ce climat de tension. Il accuse certains responsables d’organisations non gouvernementales qui seraient à la base de cette situation de trouble alors qu’un climat de paix y régnait depuis bien des mois.

Hormis les civils, les policiers ont été aussi la cible des bandits. Selon le porte-parole de la Police nationale d’Haïti, de janvier à avril 2013 pas moins de 17 policiers sont victimes soit d’accident soit d’attaques d’armées dont 7 sont morts parmi lesquels Cayot Jean Richard, a informé Gary Desrosiers en conférence de presse le mardi 7 avril 2013. La police a procédé, a annoncé Monsieur Desrosiers, au démantèlement d’un réseau de kidnappeurs qui opérait dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince dans la nuit du lundi 6 mai. Arilus Jean-Louis, Audinès Abellard, Matellus Lerebours, Jean Ronel Charles et Christiana Abraham seraient membres de ce puissant réseau de kidnappeurs et sont pour l’instant gardés à vue. 

Noclès Débréus

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