L’ENS entre l’insalubrité et le mauvais fonctionnement

Sur une surface de plus de 2 000 mètres carrés, sont posés cinq hangars : une bibliothèque, un bâtiment administratif et des salles de cours. On ne remarque pas de laboratoire, pourtant il s’agit bien de l’École normale supérieure(ENS) qui forme chaque année des enseignants de chimie, de physique, de langues vivantes et autres. Plus de trois ans après le tremblement de terre, l’ENS peine encore à reprendre son rythme d’antan.

Depuis la catastrophe de janvier 2010, c’est dans des conditions déplorables que fonctionne l’École normale supérieure. Dans un environnement insalubre, rien que cinq salles délabrées sont aménagées pour les cours. Des hangars, qui ont été construits pour une période bien limitée, semblent devenir des locaux permanents. Malgré les divers mouvements de contestation organisés par les étudiants, ils ne voient pas leur situation changer. « Si vraiment l’éducation était une priorité pour l’administration Martelly/Lamothe, elle aurait d’abord pensé à investir dans la formation des professeurs, fulmine un étudiant finissant en philosophie. Jusqu’à présent, c’est par relais qu’on doit suivre les cours. Une situation qui ne peut plus continuer.» Bien que le Dr Jean Fritzner Etienne, directeur des affaires financières, reconnaisse que l’espace ne soit pas convenable pour la formation des cadres, l’administration dont il fait partie est dans l’impossibilité de réagir à cette situation chaotique. Car tout dépend du ministère de l’Economie et des Finances, dit-il. «Depuis 2010, l’Ecole normale supérieure est réduite à ne gérer que des urgences, explique M. Étienne. En prélude à l’ouverture de l’année académique 2013-2014, il y a un ensemble de projets que nous comptons réaliser. Nous travaillons à installer nos laboratoires qui ne fonctionnent plus depuis 2010 et nous espérons commencer à aménager l’espace physique de l’établissement. Cependant, pour réaliser ces projets, il faut bien que le ministère de l’Économie et des Finances décaisse les fonds d’investissement. » Jean Fritzner Etienne se plaint du fait que l’ENS ne dispose pas d’un budget propre aux travaux d’aménagement et de construction de l’établissement qu’il dirige. Il déplore que c’est dans le budget de fonctionnement de l’ENS qu’il doit puiser pour réaliser ce type de travaux. Si pour aménager l’espace physique de l’ENS les dirigeants ont fort à faire il n’en est pas de même, pour agrandir son cadre. Contrairement aux autres entités de l’UEH qui, accusent souvent une carence de professeurs, grâce au partenariat avec l’université Paris VIII, l’ENS bénéficie gratuitement de trois programmes de master (géographie, lettre-philosophie, histoire). L’année dernière, elle a recruté 20 nouveaux professeurs sur 40 qui étaient partis faire une spécialisation, souligne le professeur. « À l’Ecole normale supérieure, nous avons toutes sortes de problèmes, sauf un manque de professeurs, articule-t-il. Cependant, il y a certaines formations qui nécessitent des professeurs qualifiés que nous n’avons pas en Haïti, comme la géographie.» Un pays, dit-il, qui est confronté à de sérieux problèmes environnementaux n’a pas plus de cinq géographes. Le professeur Jean Fritzner Etienne croit que l’Etat haïtien doit investir beaucoup plus dans l’éducation pour sortir le pays de ce boubier dans laquelle il se trouve.
Edrid St Juste shneyfadrick@yahoo.fr
Credit: le Nouvelliste
 

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