LE TRISTE CONSTAT DE L’INSTITUTION VISION NOUVELLE DU LIMBE

La décision d’une ASSOCIATION D’ENSEIGNANTS de fonder l’INSTITUTION VISION  NOUVELLE, au Limbé, est fille d’un constat : celui de l’échec du Système Éducatif Haïtien complètement démodé et dépassé. Ce système qui prend en compte uniquement la mémoire de l’individu, ne prépare pas des citoyens capables de créer, d’innover, de transformer. Cette manière  de limiter considérablement  l’intelligence humaine et de détériorer la mémoire de l’élève haïtien permet de comprendre aisément les statistiques alarmantes sur les nombreux cas de redoublants, de suragés,  d’abandons scolaires… Est performant celui qui peut mémoriser et, par la suite, répéter des notions, formules. Ce lourd héritage du Concordat de 1860 signé entre le gouvernement de Fabre Geffrard et le Vatican rejette d’un revers de main la théorie enrichissante de Howard Gadner sur les différents types d’intelligence (logico-mathématique, spatiale, interpersonnelle, corporelle-kinesthésique, verbo-linguistique, intra personnelle, musicale-rythmique, naturaliste-écologiste, existentielle). En accordant tous les droits et pouvoirs à la mémoire de l’individu, on peut affirmer sans crainte qu’un tel système éducatif tue dans l’herbe nos «génies» en mathématiques, sport, musique, dessin-peinture, relations humaines, écologie… qui sont taxés à tort de «crétins», d’«incapables».

Croyant fermement que le bouleversement d’un tel système doit venir des acteurs conscients des multiples contraintes auxquelles il se trouve confronté, nous avons  jugé nécessaire de les énumérer en proposant les solutions y relatives. Pour arriver, en dépit de nos maigres moyens, à faire la différence par le biais de l’INSTITUTION VISION NOUVELLE, nous avons cru important de solliciter la main secourable d’institutions ou d’organisations nationales et internationales  pouvant aider à redresser la barre dans un pays qui « accuse un taux de chômage qui oscille entre 60 et 70 %. Le revenu per capita est parmi les plus pauvres du monde 332,33$/h. La couverture forestière du pays est de moins de 2%. L’espérance de vie est de 52 ans. L’Indice de Développement Humain situe Haïti à la 146e place sur 17 pays. La dette du pays est évaluée à 1,7 milliard de dollars. 40% de la population est analphabète. Le taux de mortalité infantile est de 62,33 pour mille (2008), le plus élevé de l’hémisphère occidental. 60 % de la population, essentiellement rurale n’ont pas accès aux soins de santé… on compte 2,7% de médecins pour 10 000 habitants (Conférence sur le Système Éducatif Haïtien prononcée par la Sénatrice Edmonde Supplice Beauzile, membre de la Commission Éducation du Sénat haïtien à Boston, USA, le 26 avril 2009).

Haiti en 2007

Succinctement, nous allons lister certains des différents maux qui empoisonnent le Système Éducatif haïtien et proposer, du même coup, les interventions que nous sollicitons de la part de nos éventuels partenaires :

a)     Pauvreté et désertion scolaire

En raison du chômage, de la misère et la dégradation de l’environnement qui sont le lot quotidien de la population, il devient plus difficile aux parents de faire faire aux dépenses de l’éducation. Sans l’apport de subventions de la part d’éventuels partenaires, notre institution sera incapable de fournir un salaire raisonnable à nos enseignants qui seront soumis à de nombreuses exigences académiques et pédagogiques de notre institution pour la réussite de nos élèves.

b)     Le manque de qualification des enseignants

Directeur du Lycée Jean-Baptiste Cinéas du Limbé de novembre 2008 à novembre 2012 (j’ai abandonné en novembre 2013 à cause des pressions politiques), j’ai développé des partenariats avec l’Université McGill du Canada, MSR International et le Centre d’Éducation Populaire(CEP) pour une formation continue des enseignants du lycée et d’autres établissements scolaires du Limbé. En prélude à l’ouverture du l’INSTITUTION VISION NOUVELLE en septembre 2013, j’ai organisé, en mars dernier, un séminaire de formation à l’intention de tous les professeurs d’anglais du département du nord, avec des hauts cadres de l’Université McGill du Canada : Beverly A. Baker, Caroline Riches, docteures en langue anglaise et Pierre Lubin, doctorant de la dite université. Nous souhaitons vivement conclure d’autres partenariats avec d’autres institutions pour renforcer cette formation continue que bénéficient tous les professeurs du département, car c’est en travaillant avec les autres écoles que l’INSTITUTION VISION NOUVELLE deviendra forte.

c)     Précarité des bâtiments scolaires et une mauvaise atmosphère dans les salles de classe

Nous rêvons de pouvoir disposer à  l’avenir d’un local mieux adapté à l’apprentissage des élèves.

d)     L’inexistence de matériels scolaires

Rares sont les écoles qui ont à leur actif une quantité suffisante de matériels scolaires. Nous aimerions vivement  installer à l’école une bibliothèque, une salle informatique, des laboratoires de chimie, physique, de langue, des matériels audiovisuels, de dessin et de peinture… pour les élèves. Ce qui nous permettrait de toucher les différents types d’intelligence mentionnés plus haut.

e)     Une école gérée par le secteur privé

L’éducation n’a jamais été une priorité pour l’État haïtien, plus de 65% des écoles du pays sont privées. Le secteur privé contrôle 67%  des écoles fondamentales, 75%  des écoles secondaires et 80%  des universités. Ce qui laisse comprendre aisément qu’on ne peut compter sur l’État pour bien instruire.

Les activités parascolaires doivent rimer avec l’enseignement. La faiblesse du pouvoir d’achat des parents, la précarité des bâtiments scolaires, l’absence d’électricité, d’équipements sportifs, de cours de musique, d’infirmerie, de cafétéria, de clubs littéraires, d’appareils de sonorisation, de bus pour le transport des élèves… rendent la vie scolaire terne. Nous aimerions aussi bénéficier de la présence de psychologues qui pourraient à chaque fois « remettre les pendules à l’heure» et apporter des innovations pour que l’élève haïtien n’assimile plus l’école à une prison, une sanction sociale…

Gerald Jean-Baptiste

Normalien Superieur 

 

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