Baby’s Lourdes: la mariée, la folle…

Coup d’essai, coup de maître diraient ceux qui l’ont vu jouer l’année dernière la mariée folle dans cette représentation théâtrale. Cette année encore, dans le cadre de la deuxième édition de festikreyòl,  la prestation de Baby’s Lourdes SAINT FLEUR et ses autres complices pour la plupart membres du club de débat de Darbonne, a fait couler beaucoup d’encre. Au beau milieu de la ville de Léogâne, ce lundi 28 octobre 2013, elle a crée la panique. Passants, marchands, motocyclistes, curieux, tous l’ont suivi depuis le devant de l’église Sainte Rose de Lima en passant par le marché de Chatuley jusqu’à la rue la croix.

L’histoire est émouvante. Baby doit se marier avec Johny (Alfred) qui ne met pas les pieds à l’église. Et le déclic. Avec sa robe de mariée, les pieds nus, et folle de rage, elle décide de parcourir les rues de la ville à la recherche de celui qu’elle veut épouser à tout pris. Elle est poursuivie par tout son cortège, porteur d’anneau, marraine, parrain et filles d’honneur.

Les passants/ acteurs sans le savoir, ne veulent pas croire que c’est du théâtre.  M tap manje nèg sa, m pa tap kite yon jenn gason pase pitit mwen nan betiz profère l’un d’entr’eux. Se fanm yogann ou ye , mete senti nan ren w pitit ajoute une marchande qui laisse sa barque tout en l’embrassant dans ses bras comme pour la consoler. Et pourtant d’autres  l’injurient : Se bon pou ou, nou fout twò renmen maryaj.

Baby’s Lourdes joue avec art. Sa transe, l’expression de son visage prouve qu’elle a du talent. Elle joue la mariée folle, folle dans toute sa manière, folle d’être la risée de la société. Folle de perdre son amant parti retrouvé une autre fille. Un rôle qu’elle a su interpréter avec dextérité.

Agée de 20 ans, Babys Lourdes est la dernière d’une famille de sept enfants. Elle est étudiante en comptabilité et fait partie du club de débat de Darbonne, projet piloté par la Focal. Elle est très dynamique. Elle assure parfois en cas d’absence des animateurs, le rôle d’animatrice lors des rencontres hebdomadaires.

Toute petite, elle connaissait déjà la scène. Issue de la section des enfants du centre socio culturelle Rasin Lespwa, elle déclamait des petits textes de poésie, et jouait la petite sentaniz lors des spectacles réalisées  pour célébrer de la journée internationale des droits de l’enfant. Elle a aussi pris part à l’atelier organisé par le projet initiatives jeunes en 2011 autour du thème : Le débat se fait théâtre

Max Grégory SAINT FLEUR

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