Un autre monde

La construction d’un monde plus équitable est la responsabilité de tous et de chacun

A l’heure où l’ordinateur fait à notre place, l’eau est livrée directement dans notre salle de bain, notre cuiseur signale que le repas est prêt, et j’en passe. Plus besoin de se presser de rentrer à la maison pour regarder sa série préférée, le décodeur veillera à nous garder tous les instants bien au chaud en attendant notre prochaine disponibilité.

A l’heure où une partie du monde revendique encore plus de confort, de rapidité et de facilité. On voit bien la profondeur immense de l’insatisfaction de l’homme parce qu’entre temps dans un « autre monde » des gens espère encore voir le jour où le minimum arrivera jusqu’à eux.

A l’heure de la vie 2.0, j’ai été dans ce petit village où le projet dans lequel je bosse avait creusé un forage et était en train de l’équiper d’un système AEP solaire. Ils étaient là tous heureux de pouvoir venir au forage puiser le précieux liquide dans des bidons de 20 litres. Des centaines de récipients alignés attendant leur tour, l’ambiance est chaleureuse. Bien que la barrière de la langue se dresse infranchissable devant moi, les sourires, les regards, les rictus me disent que je suis la bienvenue. Alors que mon gros appareil photo suspendu autour du cou les fascinait, moi j’étais fascinée par tant de joie, m’interrogeant sur les raisons d’autant de jubilation alors que la collecte de l’eau n’est pas encore aussi aisée qu’on le souhaite (borne fontaine prévue dans les villages et pour les ménages qui peuvent se le permettre des robinets directement dans leur concession). En questionnant les femmes présentes grâce à un interprète, j’ai fini par entendre l’impensable « avant il parcourait 15km pour aller puiser l’eau dans une marre ». Et oui, en 2014 ça arrive encore et pleunicher pour des trucs superflus devient tout d’un coup excessivement ridicule. Aujourd’hui, à un an de l’échéance des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), nous nous devons de nous questionner sur la « responsabilité collective » qui a été citée dans la déclaration du millénaire le 8 Septembre 2000. Mais contrairement au texte de base, je ne me limiterai pas uniquement aux leaders du monde parce que cette responsabilité collective nous concerne tous, particulière nous (vous et moi), qui ennuyés dans notre confort, nous nous plaignons à longueur de journée que le monde ne nous offre pas assez, trouvant l’abondance insuffisante.

Il est d’un devoir universel que chacun se pose la question de savoir ce qu’il peut faire pour ceux là notamment les plus vulnérables afin qu’ils puissent au moins avoir, eux aussi, ce que nous pouvons qualifier d’une vie digne. Il est de la responsabilité de chacun de réfléchir un temps soit peu avant de sortir le dernier caprice qui sera à la mode sur un réseau social bien connu et de se demander quel rôle il peut jouer pour garantir un partage plus équitable des ressources mondiales. Car les vulnérables en question ne sont pas négligeables, ce serait offusquant de les négliger. Je conclurai mon édito sur ces 2 chiffres : 1 milliards d’une part et 2.4 milliards.

  • Plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à de l’eau salubre.
  • 2.4 milliards de personnes sont privées d’installations sanitaires satisfaisantes 
Fersam Allifleur

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