Léogâne : maintenant qu’on a touché le fond et si on tentait remonter à la surface

Ce matin j’ai vu des photos du pont de Momance bloquée. J’ai cru apercevoir un appel à manifestation pour le mercredi 1er Octobre 2014. Une pétition au titre évocateur  « LAURENT LAMOTHE : Leogane pap sede okenn teritwa bay Gressier » circule sur le net en ce moment.

 

L’histoire

En suivant le lien http://www.change.org/p/laurent-lamothe-and-michel-martelly-léogâne-pap-sede-okenn-teritwa-bay-gressier j’ai compris que sous prétexte de la création de la « Région des Palmes », une agglomération regroupant les communes de Léogâne, Gressier, Grand-Goâve et Petit-Goâve, la commune de Gressier tente de récupérer, encore une fois après l’obtention de Petit Boucan, une partie de la commune de Léogâne pour devenir plus grand en avançant sa frontière jusqu’à la Rivière Momance.

Parallèlement à cela, le nouveau projet de découpage administratif souhaité par le gouvernement visant à créer 6 départements supplémentaires aurait pour effet de détacher le quartier de Trouin de la commune de Léogâne pour qu’il devienne lui-même commune. De faire de la région des Palmes un département ayant probablement pour chef lieu Petit-Goâve.

Je rappelle que pour l’heure, la commune de Léogâne est le chef lieu de l’arrondissement de Lééogâne. Elle compte le centre-ville, et 13 sections communales (Dessources, Petite Rivière, Grande Rivière, Cormiers, Orangers, Citronniers, Palmiste à Vin, Gros Morne, Fond d’Oie, Beauséjour, Petit Harpon, Parques et Fond de Boudin d’où est rattaché le quartier de Trouin). Soit une superficie d’environ 385,23 Km² pour une population estimée à environ 200 000 habitants.

 

L’objectif de la pétition

Il s’agit en fait d’une pétition lancée par Dimitry Romulus plus connu sur les réseaux sociaux sous le nom de Majistra Romulus. M. Romulus est un activiste assez visionnaire à mon sens. Il ne cesse de proposer des idées intéressantes et même de lancer des initiatives visant à terme le développement de la commune de Léogâne.

L’objectif de cette pétition est de dénoncer ces décisions et inciter le gouvernement à repenser sa stratégie et donc à exprimer la volonté de la commune de Léogâne à garder son intégrité territoriale, son statut de chef lieu d’arrondissement et à garder son quartier de Trouin auquel la ville reste très attaché et surtout à garder les localités entre la frontière actuelle entre les deux communes et la rivière Momance, la population et les infrastructures qui y sont implantés dont la douane, les entreprises de bâtiments, etc.

 

Pourquoi j’en parle dans mon éditorial

Comme beaucoup de Léogânais qui ont signé cette pétition, cet article vise à relayer l’information pour que d’autres Léogânais puissent en entendent parler ; afficher mon attachement à cette commune dans son intégralité et sa diversité en affichant clairement mon refus à ce projet de déplacement des limites de la commune et surtout pour sensibiliser ceux ont envie d’agir pour donner à cette cité d’Acanaona l’éclat qu’elle mérite, à se lever et à s’unir pour faire front à cette mascarade, et surtout pour entamer enfin la longue marche vers la reconstruction.

Je suis convaincue que nous payons aujourd’hui le prix du transfert de Petit Boucan à Gressier, une vraie bêtise. On dit que « lè ou lonje men ede yon moun li rale manchèt li li koupe ponyèt ou ». Ce dicton décrit bien le cas la frontière entre Léogâne et Gressier. Il y a quelques années avec un collègue sociologue, on évoquait le cas de Petit Boucan et la bêtise de la commune de Léogâne quand ils ont jadis cédé ce bout de territoire à la commune de Gressier. En effet, en cédant cette section communale, Léogâne n’a pas seulement renoncer à une partie de ces terres au profit de son voisin mais il a aussi tourné le dos à une partie de son histoire en transférant la grotte Anacaona alors que Léogâne est la cité d’Anacaona.

En cédant Petit Boucan nous avons inconsciemment dit à Gressier que nous ne nous soucions pas de nos territoires, de notre histoire alors aujourd’hui elle veut tout prendre : aujourd’hui la douane, Mélier et ces nouvelles infrastructures, Flon et ses atouts etc. Demain ce sera quoi ? L’usine de Darbonne, la carrière de route de l’Amitié. ? Cette tentative est la goute d’eau qui devait faire prendre conscience à tout Léogânais qui porte cette ville dans son cœur de faire ce qu’il faut pour contribuer au progrès de cette communauté.

 

J’ai envie de proposer un plan de redressement à cette situation inacceptable qui s’articule autour de deux choses essentiellement :

 

Phase 1 : Contrer cette tentative mesquine d’expropriation d’une partie de notre héritage

Vu l’urgence de la situation, il faut exprimer notre désaccord avec cette démagogie. Signez la pétition !. En espérant faire respecter l’intégrité de notre territoire et donc le renoncement du gouvernement à ce plan machiavélique de démantèlement de notre commune. Tout Haïti sait que Léogâne a la capacité de se défendre sans violence quand ses droits fondamentaux sont menacés.

 

Phase 2 : Prendre en main le destin de notre cité

Nous devons agir vire parce que l’heure est grave. Nous ne pouvons plus nous reposer sur nos baux lauriers à regarder notre territoire dépérir : sans eau courante, avec seulement quelques heures d’électricité par jour, un niveau de chômage suffoquant, une délinquance grandissante, et j’en passe. Je sais qu’il y a tellement de chose à faire que la première question vous allez me poser est de savoir par où commencer ?

Par nous : Nous devons commencer à démontrer notre amour pour cette terre d’histoire. Au-delà de nos déclarations de fierté sur nos profils dans les réseaux sociaux, nous devons commencer à contribuer au progrès, à faciliter des initiatives durables, à promouvoir la production.

La diaspora n’est pas épargnée. Nous sommes nombreux, nous avons étudiés dans de grandes écoles, certains d’entre nous s’en sortent relativement bien, nous pouvons faire quelques choses, nous devrions faire quelque chose. Pas des actions de types (je loue une voiture chez un concessionnaire, je fume 2 ou 3 milles dollars US en 5 jours pour prouver que j’ai réussi à l’étranger). Non, je parle d’actions durables pouvant poser les bases d’un lendemain meilleur de type système AEP solaire sur un forage pour la distribution d’eau à un quartier, le développement d’un système d’électrification solaire dans une localité, appui à la reconstruction de nos institution publiques ou communautaire broyé dans le séisme, l’assainissement de nos quartiers etc.

 

Par nos atouts : La commune dispose de nombreuses richesses exploitables que nous devrions commencer à valoriser dont la rivière Momance si convoitée tout d’un coup par Gressier, l’usine sucrière, le Rara, nos montagnes et leur paysage et surtout nos compétences (récemment un ami postant une photo du tribunal de paix de Léogâne, une tristesse ! La recherche d’architecte ou d’ingénieur de bonne volonté pour travaille bénévolement sur un plan et le devis d’un bâtiment pour cette institution en vue d’évaluer les besoins et voir comment financer ce projet est restée lettre morte. Pas étonnant que la ville de Petit-Goâve a de plus haute instance judiciaire que nous. Je dis ça je ne dis rien.)

 

Par nos dirigeants : Les élections ont semble-t-il été reportées à novembre. Je comprends que ça fait longtemps qu’il n’y a pas eu d’élection locale dans notre pays, c’est le moment de réfléchir et choisir des dirigeants fiables (maires, député, CASEC, ASEC). Nous avons besoin d’être représenté par des gens ayant au point le courage de nous éviter des sacrifices exagérés pour soigner sa petite personne. Aujourd’hui nous sommes en train de payer les lourds tribus de décennies de démagogie, nous accepter de continuer dans cette voie et nous réveiller un matin avec Léogâne  section communale d’une municipalité voisine ou encore nous pouvons penser à 2 fois avant confier notre cité à des vendeurs d’âmes. Réfléchissez, choisissez, votez mais n’oubliez pas que vos choix comptent et participent à l’orientation que prendra notre chère cité.

 

Par nos enfants : Nous devons les préparer à devenir des hommes compétents, formés et consciencieux. Mais avant tout nous devons leur laisser un héritage dont ils peuvent être fiers, une ville qu’ils pourront aimer et chérir parce que nous avions choisis de la préservation contre les agressions extérieures.

 

Toi, moi, lui, nous tous ensemble nous pouvons changer le cap. Disons non à travers des actions constructives, progressistes et des initiatives positives.

 

Marie Antoine Alliance

Moun Yogann 100%

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