Réforme éducative dans les Amériques: Haïti au centre des débats

Dans le cadre de la préparation du 7e sommet des Amériques réunissant des chefs d’État de l’hémisphère devant se dérouler au Panama, les 10 et 11 avril prochains, les ministres d’éducation de la région, dont le titulaire du MENFP, Nesmy Manigat, se sont réunis à Panama city cette semaine. En effet, il s’agissait pour les hauts responsables d’éducation des pays de l’hémisphère d’élaborer un programme éducatif interaméricain pour les prochaines années. Sous le thème : « Une Éducation assortie d’équité pour la prospérité », cette réunion a permis de passer en revue les axes des réformes éducatives en cours, notamment les priorités retenues lors des réunions précédentes. On se souvient que lors de la sixième réunion interaméricaine des ministres de l’éducation qui s’est tenue à Quito (Equateur) en août 2009, les états membres s’étaient mis d’accord pour considérer qu’«une éducation secondaire de qualité constitue un facteur essentiel pour la mobilité sociale, le développement personnel, la préparation au monde du travail, l’exercice d’une citoyenneté active et l’accès à l’enseignement post-secondaire, de troisième cycle et secondaire» Lors de cette réunion ministérielle à Panama, plusieurs lignes d’actions prioritaires ont été passées en revue, allant de la petite enfance au renforcement et suivi des politiques relatives à la qualité, à l’équité et à l’inclusion. Le renforcement de la formation initiale, du développement professionnel et de la profession d’enseignant a aussi fait l’objet d’un panel spécial auquel a participé le ministre Manigat, aux côtés des États-Unis, de la Bolivie et du Salvador. Titrant son intervention : « Haïti : 30 ans de réformes éducatives inachevées », le ministre haïtien a souligné l’importance de la stabilité dans les politiques éducatives et la synchronisation avec les autres politiques sectorielles, en particulier les politiques fiscales, budgétaire et celles touchant la législation du travail et les incitations pour l’emploi. Présentant le contexte haïtien et le plan opérationnel en cours, le ministre a fait le tour des mesures en cours touchant la scolarisation universelle gratuite et obligatoire ainsi que les 12 mesures appelées à lutter contre l’échec scolaire actuel, en particulier le programme de formation des maitres et de certification des enseignants à travers le permis d’enseigner. Reconnaissant le niveau insuffisant de compétences de 85% des maitres et leur faible niveau de salaire, le ministre dit plaider pour que les dépenses publiques d’éducation de son pays aujourd’hui à 5% du PIB avoisine les 10% au cours des prochaines 5 années à venir compte tenu des retards accumulés. Le titulaire du MENFP a également beaucoup insisté sur la révision du curriculum qui déclare-t-il doit permettra au jeune haïtien d’être mieux préparé pour être à la fois un citoyen épanoui dans son propre pays et aussi un citoyen du monde. Concluant son intervention, le ministre a souligné que l’avenir de son pays se joue dans les salles de classe qui doivent permettre au jeune haïtien d’«apprendre autrement, apprendre de nouvelles matières favorisant le développement de toutes les formes d’intelligence, apprendre le travail collaboratif, apprendre le civisme et la tolérance». Cette réunion de haut niveau des responsables d’éducation de la région s’est terminée par le lancement d’une plateforme virtuelle de coopération entre les ministres et le rappel de l’importance des Technologies de l’Information et de la Communication dans le processus enseignement-apprentissage. Rappelons que l’élaboration de ce programme éducatif interaméricain figurera dans le document devant être adopté par les chefs d’État et de gouvernement durant le sommet des Amériques en avril prochain. Bureau de presse/MENFP

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