Deuxième journée de grève: Tentative de réponse d’un gouvernement paniqué

A l’instar du lundi 09 Février, Port au prince et certaines zones avoisinantes se réveillent encore une fois ce mardi dans la plus grande sérénité. Des activités au point mort, les rues sont désertes, certaines jonchées de barricades enflammés, circulation automobile quasi-inexistante, les motocyclettes se font rares, les portes de certaines institutions privées et publiques restent fermées. Une deuxième journée de grève des syndicats du transport en commun supporté par des partis politiques. Impuissant, le gouvernement tente par tous les moyens de réduire les conséquences de cette grève qui vise à le contraindre à réviser les prix des produits pétroliers à la pompe. Incapable de rassurer la population malgré une déclaration publique dimanche soir, après la première journée de grève réussie dans sa quasi-totalité, ce mardi le gouvernement cherche une façon de permettre à la population de vaquer à ses activités. Mardi matin, le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, Rotchild François Junior fait le tour des medias pour annoncer de nouvelles mesures du gouvernement. Cette fois, pas une réduction de cinq gourdes sur les prix de l’essence, mais, signaler que des autobus de l’état haïtien sont disponibles un peu partout à travers la région métropolitaine pour transporter la population. « Cette mesure vise à permettre non seulement aux agents de la fonction publique de se rendre à leur poste de travail en vue de servir la population mais aussi tous ceux et toutes celles qui souhaitent vaquer librement à leur occupation. » a indiqué Rotchild François Junior avant de préciser que des dispositions ont été prises en vue de garantir la sécurité des passagers. Plusieurs dizaines d’autobus dans les rues, la plus grande décision du gouvernement pour tenter de réduire les conséquences d’une grève qui est à sa deuxième journée. Mais que peut-on espérer comme solution réelle dans cette mesure, considérant le besoin de toute la population de circuler ? Il a fallu également ce mouvement de grève pour permettre finalement aux autorités de comprendre la nécessité d’un secteur de transport en commun organisé dans le pays. C’est ce mardi 10 Février 2015 que devrait être installée la commission nationale de modernisation du transport en commun au palais national. Selon le ministre de la communication, cette commission est composée d’un représentant de la présidence, du ministère des affaires sociales, du ministère des travaux publics, transports et communications et du service de la circulation et des représentants du syndicat des chauffeurs. « Cette structure aura pour mission de faire un état des lieux, relever les difficultés auxquelles est confronté le secteur du transport en commun et produire un rapport en vue de parvenir à sa modernisation » a précisé le porte-parole du gouvernement Rotchild François Junior. Plus d’un voit déjà dans l’installation de la commission nationale de modernisation du transport en commun les premières retombées de l’entente trouvée entre le gouvernement et certains syndicalistes la semaine écoulée après d’intense discussion ayant abouti à la réduction de cinq gourdes des prix de l’essence à la pompe. Contrairement au premier mot d’ordre de grève, cette fois le gouvernement maintient sa position de ne pas réviser une nouvelle fois les prix des produits pétroliers. Si pour donner une réponse au deuxième mouvement de grève du secteur syndical, le gouvernement a plutôt recours à des autobus pour transporter des citoyens en vue de leur permettre de vaquer à leur occupation, cela prouve un certain manque de volonté des autorités de réduire de manière plus significative le prix de l’essence. Apres des manifestations en série, des sit-in et finalement la grève, quelles seront les prochaines stratégies des syndicats de transport pour continuer à forcer le gouvernement à réviser à la baisse le prix des produits pétroliers sur le marché local ? Ce qui selon plus d’un est une nécessité aujourd’hui considérant les conséquences de la hausse des prix de l’essence sur la vie de chaque citoyen. Michel JOSEPH

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *