Haïti – Brésil : au-delà de la défaite, un moment historique

Hier c’est produit un évènement historique à mon avis. Bien sûr, je connais le score.

Comme quoi le foot sera encore longtemps catalyseur de valeur, pourvoyeur de rêve et producteur de spectacle. Quand j’ai regardé en février dernier le reportage d’une chaine payante sur la 1ère qualification d’Haïti dans cette compétition majeure qu’est la Copa America, j’avais presque les larmes aux yeux. Cette victoire, et la qualification qui en a découlé, symbolisait l’espoir de tout un peuple dans un pays qui vivait un moment compliqué mais tellement courant de son histoire politique.

Au hasard d’un tirage au sort, certains supporteurs haïtiens devaient faire face à l’un des plus gros challenges de leur vie de fan. Leur équipe nationale face à leur équipe de cœur à qui ils ont donné tant voire tout depuis toujours dans les grandes compétitions, un choix entre habitude et exotisme, entre sentiment d’appartenance et passion assumée. Beaucoup n’ont pas su, certains n’ont pas pu faire ce choix préférant laisser le rêve guider leur choix pour finir dans une joie mesurée quoi qu’il arrive à moins qu’un nul salutaire vienne sceller le statu quo.

Je ne retiendrai pas le score 7-1 qui me rappelle d’ailleurs un souvenir pas si lointain et qui vient confirmer la théorie selon laquelle la loi de la nature que les grands mangent les petits. Je passerai également à pieds joints sur des commentaires petits à la hauteur de leurs auteurs que j’ai pu voir ça et là sur les réseaux sociaux.

Je garderai uniquement la fierté que j’ai ressentie de voir les grenadiers jouer pendant 90 minutes face à la sélection brésilienne sans complexes malgré le fossé béant qui sépare les deux formations en terme de moyens et d’infrastructure et surtout de palmarès footballistique.

Je ne m’attarderai pas sur le fait que cette formation a fait sa préparation sur une avance d’un particulier car nos dirigeants étaient trop occupés à se démêler de leurs histoires de « zombi nan bwa ».

Je retiendrai le mérite d’avoir produit du jeu pendant 90 minutes sans jamais s’enfermer pour sortir l’un des plus beaux matchs de ce début de tournoi. Je retiendrai les échos des téléspectateurs africains d’une chaine payante française sur l’exemple des joueurs dans ce match. Et que dire de cette déclaration du commentateur qui a dit que des matchs comme ça on en redemande pas seulement parce que le Brésil déroule un jeu attrayant mais parce que cette équipe d’Haïti n’a jamais baissé les bras, ne s’est pas enfermé mais continue jusqu’au bout d’aller vers l’avant.

Et finalement je retiendrai les leçons positives de cette nouvelle expérience qui espérons-le ouvrira la voix à beaucoup d’autres, donneront encore plus envie à nos jeunes de s’investir dans le travail pour y arriver et qui rappellera à nos dirigeants que le seul miracle qu’on peut attendre dans ce 21e siècle c’est la réussit par le travail d’où la nécessité d’accompagner nos talents à l’exploitation efficiente de leur potentialité.

Hier c’est produit un évènement historique, ce ne fut pas un exploit mais ce fut délicieux comparé aux nombreuses casseroles que le pays traine dans ses pattes. J’invite les détracteurs à tourner sept (7) fois leur langue dans leur bouche avant de salir ce match unique (1) et historique à bien des égards. S’il est vrai qu’au royaume des aveugles les borgnes sont rois, je veux juste saluer et remercier ces rois qui nous m’ont fait vivre ce moment si rares depuis plus de 40 ans. Haïti-Brésil dans une compétition majeur ça se respecte et tout le mérite revient aux artisans de cette qualifications, à ses jeunes et moins jeunes qui travaillent sans relache pour que cela fonctionne envers et malgré tout !

Merci aux grenadiers pour ce Copa, il reste un match et vous n’avez plus rien à perdre. Prenez plaisir les gars, et si possible partager avec nous et faites nous rêver. Un merci spécial à Johnny Placide qui a fait des arrêts magnifiques. Franchement, le score ne reflète pas la grandeur de sa prestation la nuit dernière. Merci encore !

7 à 1 ça n’arrive pas qu’au Brésil finalement !

 

Fersam Allifleur

Observatrice

 

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allifleursam@gmail.com

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