Luc Doralus : ce crooner du Konpa roussi

Written by on August 10, 2018

Si le nom de Luc Doralus ne vous dit rien, celui de son groupe, l’orchestre Tropicana d’Haïti ne vous est certainement pas étranger. Déjà, près de deux décennies depuis qu’il assure le devant de la scène. Aujourd’hui, il symbolise cette voix qui identifie l’orchestre. Et ce, que l’on aime Tropicana ou non.

Comme bon nombre de musiciens pratiquant le Konpa, il a fait ses débuts à l’église. Il se passionne pour la musique. Fervent catholique, il commence par faire ses preuves dans la chorale Soleil de la cathédrale Notre Dame du Cap- Haïtien. Ensuite, il a roulé sa bosse dans d’autres groupes de la ville : Big Band Masters ; Fresh Compas de Limonade ; Lakòl d’Haïti ; Gamax, avant d’intégrer la Fusée d’or internationale.

Sa grande aventure avec l’orchestre Tropicana commence par un stage en 2000. Il se rappelle encore ce 23 janvier 2000. « C’était au Tropicana Night Club. L’accueil des “djo kannèl” m’avait surpris », raconte-t-il. Ce 23 janvier représente un déclic dans la vie professionnelle du chanteur qui, sans relâche, travaille pour offrir des prestations de qualité aux mélomanes et fanatiques du doux Tropic, précise-t-il, souriant. Pour Luc Doralus, être chanteur de Tropicana est un héritage trop important et trop lourd.

Il a l’élégance de sa musique. Virile et romantique. Romantique, Luc l’est dans le texte, mais aussi, mais surtout, dans l’attitude et l’imagerie qu’il charrie. Il ne s’agit pas seulement de physique – corps d’athlète, allure rock — plutôt de discours. Volubile, il laisse deviner une réflexion intense, un regard distancié, mais qui se traduit dans l’émotion. Et n’est-ce pas, en somme, ce qu’on demande à un artiste ?

Entre 2000 et 2018, il a posé sa voix sur près d’une centaine de chansons mis à part les compositions carnavalesques. Chanteur et animateur, deux boulots qu’il prend à coeur que ce soit pendant les soirées dansantes ou sur le char lors des jours gras. « C’est mon job. Je ne le fais pas pour l’argent, mais pour ce que ça représente dans ma vie et ce que traduit le visage des “djo kannèl” ».

Inspiré par ses « maîtres », Giordany Joseph, Parisien Fils-Aimé, Michel Tassy et Zouzoul, le jeune homme se lance dans la composition musicale et dans l’écriture de chansons. Sa longévité avec l’orchestre, pour lui n’est que le respect mutuel, la discipline. Il ne réfléchit jamais à un départ. Tout départ est, pour Luc Doralus, un autre commencement. Les instants de bonheur sont nombreux, signale-t-il. Et, rapidement il se confie. «Grâce à Tropicana, j’ai pu rencontrer mon grand frère qui, pendant vingt années, a laissé la maison familiale». J’ai fait d’énormes progrès tant économiques que sociaux. Il respire, pour déclarer sa fierté d’appartenir à cette institution.

Les gens du nord, Veye priye, Adrienne, Randevou chanpèt, Prans sans nou, Lanmou bèl, Ayiti bèl, Kenbe diyitew, aprann fè zanmi, sont autant de titres pour mieux apprécier le talent de chanteur et de crooner de Luc Doralus. Bientôt les 55 ans de l’orchestre Tropicana. Disons déjà Bon 53e.

Hansy Mars


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